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La France est devenue le pays le plus attractif d'Europe en 2019

Selon le dernier baromètre EY, l'hexagone était bien le pays européen le plus attractif, en terme d'investissements étrangers. Mais c'était avant la crise... Pour autant, sur BFM Business, Marc Lhermitte, auteur de ce baromètre, souligne que les entreprises étrangères auront tout leur rôle à jouer dans la relance.

C'est une première depuis 20 ans. La France a attiré en 2019, 1197 projets d'investissements étrangers, de quoi rafler la toute première place en terme d'attractivité devant le Royaume-Uni (1109) et l'Allemagne (971). C'est le principal enseignement du nouveau baromètre EY sur l'attractivité en Europe.

"Là, enfin, au bout de 3/4 ans de réformes très importantes: des grands marqueurs qui ont rassuré, abaissé le coût de la France, l'ont rapproché un peu de la moyenne européenne et ça marche", s'enthousiasme sur BFM Business, Marc Lhermitte, associé EY et auteur de ce baromètre. 

Mais cela, c'était avant la crise et toutes les incertitudes économiques poussent aujourd'hui les investisseurs à réviser leurs projets. Pour autant, aucun n'a pour l'instant été purement et simplement annulé. Concrètement, 65% environ des investissements annoncés 2019 seraient maintenus, 25% reportés ou fortement révisés et 10% annulés. Et aucun pays européen n'échappe à la règle.

Nouveau match

C'est donc un nouveau match qui va se jouer et dans lequel la France a de nombreux atouts, assure le cabinet EY. Plusieurs secteurs comme l'innovation et les technologies font plus que jamais partis des priorités des investisseurs étrangers. Or, c'est l'un des points forts de la France grâce notamment au Crédit d'impôt recherche.

"Il faut que la France soit dans la compétition de la relance", confirme Marc Lhermitte. "C'est une vraie compétition, à Londres, à Berlin, à Amsterdam, à Dubaï, en Chine". Et les entreprises étrangères installées sur le territoire auront un rôle à jouer dans cette relance. "C'est 2 millions d'emplois en France, près de 20% de notre économie, en Irlande, c'est 70% de l'économie, au Royaume-Uni c'est près de 50% de l'économie (...) donc c'est maintenant que ça se joue".

Eviter de changer les règles en cours de match

Enfin, à l'étranger, les mesures économiques prises par la France dans le cadre de cette crise ont globalement été saluées. L'hexagone devrait donc tirer son épingle du jeu à une condition toutefois : ne surtout pas renouer avec ses vieux démons et en particulier les changements de règles incessants. La France devra capitaliser au contraire sur toutes les mesures prises ces dernières années qui lui ont permis de rafler la première place l'an dernier en jouant sur sa compétitivité et sur place de hub technologique européen.

"Les investisseurs assez citoyens, assez pragmatiques qui sont en France pour certains depuis 200 ans nous disent, il faut qu'on maintienne les recettes qui ont fait ce redressement des trois dernières années. On veut de la stabilité", confirme Marc Lhermitte. Donc "éviter de changer les règles en cours de match (...) Il faut absolument qu'on propose le même cadre et qu'après on soit un peu audacieux (...) pour dire sur la recherche, il faut qu'on appuie notre avantage concurrentiel".

Selon EY, plusieurs grandes tendances détermineront la destination des investissements internationaux comme une plus forte digitalisation du travail mais aussi la priorité donnée aux nouvelles exigences environnementales et sociétales (empreinte carbone…). Au pays d'en profiter.

Caroline Morisseau avec Thomas Leroy et Olivier Chicheportiche