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Un Brexit dur pourrait avoir des conséquences sur l'approvisionnement en médicaments

Un divorce brutal entre Londres et Bruxelles poserait des problèmes douaniers et réglementaires sur les échanges de médicaments

Un divorce brutal entre Londres et Bruxelles poserait des problèmes douaniers et réglementaires sur les échanges de médicaments - Georges Gobet - AFP

La fédération française des professionnels du médicament (Leem) alerte sur les conséquences d'un Brexit dur et rappelle que le Royaume-Uni est le 4e partenaire commercial de la France à l'export et le 7e pour l'import.

Le scénario d'un Brexit dur aurait des répercussions sur "plus de 3.000 médicaments" exportés ou importés de la France au Royaume-Uni, a averti mardi Philippe Tcheng, de la fédération française des industriels du secteur (Leem).

Le Royaume-Uni est "notre quatrième partenaire commercial s'agissant de l'export et le septième pour l'import" dans le secteur pharmaceutique, a souligné Philippe Tcheng à l'occasion de la cérémonie des voeux du Leem à la presse à Paris.

Il a ainsi plaidé pour une "attention particulière" au sort des produits de santé, et pour la mise en place d'accords de reconnaissance mutuelle entre le Royaume-Uni et l'Union européenne "qui permettraient de limiter les risques de ruptures d'approvisionnement". Car un divorce brutal entre Londres et Bruxelles poserait des problèmes douaniers et réglementaires sur les échanges de médicaments. Par ailleurs, le secteur pharmaceutique au Royaume-Uni emploie quelque 5.000 salariés européens non citoyens britanniques, et le pays pèse à lui seul plus de 16% des programmes européens de la recherche dans le secteur, a-t-il ajouté.

Un groupe de travail au sein du Leem consacré à l'"enjeu majeur" du Brexit a été créé et se réunira "dès demain", a précisé Philippe Tcheng. Ce comité, présidé par Josephine Yang Comiskey, la présidente de la filiale française du géant pharmaceutique britannique GSK, travaillera en étroite relation avec la fédération britannique de l'industrie pharmaceutique, l'ABPI, ainsi qu'avec la fédération européenne du secteur, l'EFPIA.

Les députés britanniques doivent se prononcer mardi soir sur l'accord de divorce conclu avec l'Union européenne par la Première ministre Theresa May. Un rejet cinglant du texte, un scénario hautement probable, ouvrirait une nouvelle période d'incertitude économique pour le Royaume-Uni et ses partenaires

Pascal Samama avec AFP