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Toshiba visé par une offre de rachat de 20 milliards de dollars

Encore en convalescence après un vaste scandale comptable, le conglomérat japonais étudie une offre de la part de la société britannique de capital-investissement CVC Capital Partners.

Le conglomérat japonais Toshiba a confirmé mercredi dans un communiqué avoir reçu une offre de rachat de la part de la société britannique de capital-investissement CVC Capital Partners, qui pourrait dépasser 20 milliards de dollars selon le quotidien Nikkei.

"Nous n'avons pas été consultés par CVC auparavant au sujet de cette offre et nous avons seulement reçu une proposition initiale hier" (mardi), selon le groupe, ajoutant avoir demandé des informations détaillées de CVC en vue d'examiner "minutieusement" son projet.

Sollicité par l'AFP, CVC n'était pas disponible dans l'immédiat pour en dire davantage.

L'action Toshiba était suspendue aux échanges mercredi matin à la Bourse de Tokyo.

Aux prises avec des activistes

Selon le journal économique japonais Nikkei, CVC proposerait une prime de 30% par rapport au dernier prix de l'action Toshiba, ce qui valoriserait le groupe à 20,8 milliards de dollars (17,5 milliards d'euros).

Le but de ce rachat serait de rendre le conglomérat japonais plus agile dans sa prise de décision, alors qu'il se débat depuis plusieurs années avec des actionnaires activistes.

Le mois dernier, la direction de Toshiba avait subi une humiliante défaite face à ses actionnaires activistes lors d'une assemblée générale extraordinaire, qui a forcé le groupe à accepter le principe d'une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur sa précédente AG ordinaire en 2020. Celle-ci s'était déroulée dans des circonstances douteuses, avec des votes d'actionnaires omis bien que recevables.

Démantèlement

Le directeur général de Toshiba, Nobuaki Kurumatani, a par ailleurs été président de CVC Capital Partners au Japon entre 2017 et 2018, juste avant de prendre la tête du conglomérat.

Ancienne perle de l'industrie japonaise, Toshiba a beaucoup perdu de sa superbe depuis un énorme scandale de maquillage de ses comptes révélé en 2015, et des pertes massives surtout liées à la déroute de sa filiale américaine d'équipements nucléaires Westinghouse, aujourd'hui revendue.

Jouant sa propre survie, le groupe avait alors dû se séparer de nombreux actifs et se renflouer dans l'urgence, ouvrant ainsi sa porte à des fonds activistes. Depuis, il est parvenu à redresser la barre.

T.L avec AFP