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Réseau 5G: le ministre britannique des Affaires étrangères appelle à la prudence face à Huawei

"Nous avons raison d'avoir un certain degré de prudence vis-à-vis du rôle des grandes entreprises chinoises en raison du degré de contrôle que l'État chinois est en mesure d'exercer sur elles", a déclaré Jeremy Hunt hier dimanche soir au Daily Telegraph.

"Nous avons raison d'avoir un certain degré de prudence vis-à-vis du rôle des grandes entreprises chinoises en raison du degré de contrôle que l'État chinois est en mesure d'exercer sur elles", a déclaré Jeremy Hunt hier dimanche soir au Daily Telegraph. - Daniel LEAL-OLIVAS-AFP

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a appelé son gouvernement à faire preuve "de prudence" et à bien réfléchir avant d'entrouvrir les portes du réseau mobile 5G du Royaume-Uni à l'équipementier chinois Huawei, suspecté de "coopérer" avec les autorités de Pékin.

Au Royaume-Uni, le pouvoir politique diverge quant à l'ouverture du marché britannique des réseaux mobiles 5G aux équipements télécoms de Huawei. "Nous avons raison d'avoir un certain degré de prudence vis-à-vis du rôle des grandes entreprises chinoises en raison du degré de contrôle que l'État chinois est en mesure d'exercer sur elles", a déclaré Jeremy Hunt, le ministre britannique des affaires étrangères, dimanche soir au Daily Telegraph.

"Cela ne veut pas dire que (le) rôle (de ces entreprises) est automatiquement malveillant", a poursuivi le ministre. "Mais il y a des points comme la loi de 2017 qui dispose que toutes les entreprises chinoises, quel que soit leur actionnariat, doivent coopérer avec les services de renseignements chinois en toute occasion". Des éléments à "soupeser très attentivement" avant toute décision.

Theresa May a-t-elle donné son feu vert à Huawei?

Cette déclaration intervient alors que cinq jours auparavant, Theresa May avait donné son feu vert, selon des fuites dans la presse, à Huawei pour participer au déploiement au Royaume-Uni du réseau 5G, future génération ultrarapide de l'internet mobile. Celle-ci sera rendue officielle d'ici le mois de juin, selon un porte-parole du gouvernement.

Huawei est soupçonné par les Etats-Unis d'espionnage pour le compte de Pékin. Les autorités américaines l'ont exclu du déploiement de la 5G sur leur sol et tentent de convaincre leurs alliés occidentaux d'en faire autant.

De son côté, Huawei nie ces allégations. L'ambassadeur chinois au Royaume-Uni, Liu Xiaoming, a de son côté défendu l'équipementier et encouragé le Royaume-Uni à "prendre une décision indépendante, fondée sur ses intérêts nationaux", dans une tribune publiée dans The Sunday Telegraph.

Vers un accès limité de Huawei aux réseaux 5G?

"Les préoccupations concernant la sécurité sont compréhensibles", a-t-il estimé. La 5G, en tant que technologie "nouvelle", n'est "pas parfaite et doit encore être améliorée". Mais "les risques", qui "doivent être pris au sérieux", peuvent être "gérés" si "les entreprises et les pays collaborent", a-t-il assuré.

Selon des fuites publiées dans The Telegraph la semaine dernière, Londres devrait autoriser un accès limité à Huawei, qui ne serait pas impliqué dans le coeur du réseau mais sur des infrastructures moins sensibles, comme les antennes. Ce feu vert aurait été donné le 23 avril, lors d'une réunion du Conseil de sécurité nationale (National Security Council, NSC), composé de ministres et de hauts responsables de la sécurité, et présidé par Theresa May.

Cette dernière aurait validé la participation de Huawei malgré les réserves affichées par plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des affaires étrangères Jeremy Hunt, le ministre de l'Intérieur Sajid Javid, celui de la Défense, Gavin Williamson, et celui du Commerce International, Liam Fox.

Frédéric Bergé avec AFP