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Pour obliger Ryanair à rembourser des subventions, l'Aviation civile saisit un avion

Ryanair

Ryanair - PAU BARRENA / AFP

Ryanair devait rembourser les soutiens publics qu'elle a perçus de la part du syndicat mixte des aéroports de Charente. Après plusieurs mises en demeure, la direction générale de l'Aviation civile a annoncé la saisie conservatoire d'un Boieng 737 de la compagnie. Ryanair a versé la somme due dans la journée.

La direction générale de l'Aviation civile a annoncé vendredi avoir fait procéder par voie de justice à la saisie conservatoire d'un avion de la compagnie aérienne Ryanair jeudi à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, pour la contraindre à rembourser 525.000 euros de subventions.

Après plusieurs mises en demeure, l'avion, un Boeing 737 dont le prix catalogue est de 98 millions de dollars, a été immobilisé pour contraindre la compagnie aérienne à rembourser les soutiens publics qu'elle a perçus de la part du syndicat mixte des aéroports de Charente, jugés illégaux par la Commission européenne en juillet 2014, a précisé la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) dans un communiqué.

Le président du syndicat mixte des aéroports de Charente, Didier Villat, a affirmé à l'AFP qu'il avait toutes les raisons de croire que Ryanair allait payer sa dette "dans la journée" ou samedi. Ryanair "s'est pratiquement engagé à nous payer dans la journée", a indiqué Didier Villat, réaffirmant que "cet avion ne redécollera" que quand la somme sera payée. Ce vendredi après-midi, la direction générale de l'Aviation civile a annoncé que Ryanair a versé la somme due et que la saisie de l'avion avait été levée.

Une "mesure prise en dernier recours"

Les aides du syndicat mixte des aéroports de Charente avaient été versées dans le cadre de l'activité de la compagnie sur l'aéroport d'Angoulême de 2008 à 2009, a rappelé la DGAC. "L'État réaffirme par cet acte sa volonté de garantir les conditions d'une concurrence loyale entre les compagnies aériennes et entre les aéroports", a ajouté la DGAC.

Les autorités évoquent une "mesure prise en dernier recours" après "plusieurs mises en demeure et tentatives de récupération qui ont échoué". L'immobilisation de l'avion a entraîné le réacheminement des 149 passagers à bord sur un autre vol avec cinq heures de retard, selon la DGAC.

D. L. avec AFP