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Montebourg veut sauver une entreprise textile symbole du "Made in France"

Arnaud Montebourg explique que la liquidation de Virtuose n'a aucuhn sens et coute cher à la collectivité.

Arnaud Montebourg explique que la liquidation de Virtuose n'a aucuhn sens et coute cher à la collectivité. - -

Le ministre du Redressement productif s'emporte contre la liquidation judiciaire prononcée en juin de l'usine alsacienne. Dans un entretien accordé ce 10 octobre aux Dernières Nouvelles d'Alsace, il "en appelle à cesser immédiatement ce gâchis économique et social".

Le défenseur du "Made in France" a trouvé une nouvelle cause à défendre. Arnaud Montebourg s'élève contre le sort de l'entreprise textile alsacienne Virtuose de Hirsingue (Haut-Rhin), dans un entretien accordé aux Dernières Nouvelles d'Alsace, ce 10 octobre.

C'est en juin que la Cour d'appel de Colmar a prononcé la liquidation de cette entreprise de fabrication de tissus et spécialisée dans la teinture de fils. Mais M. Montebourg explique que "Depuis des mois, mon équipe suit très attentivement l’avenir de Virtuose" et qu'à ce jour il s'est dit "obligé de sortir de (sa) réserve". Selon lui, l'affaire Virtuose est "significative de cette bataille du Made in France" menée par son ministère.

"J'en appelle à cesser immédiatement ce gâchis économique et social", explique-t-il au journal. "Cette liquidation n'a aucun sens et elle coûte très cher à la collectivité", a souligné le ministre. Virtuose employait 58 salariés au moment de sa liquidation, contre 98 lors de sa mise en redressement judiciaire, fin 2012.

Arnaud Montebourg dit vouloir soutenir un projet local de reprise. Fait rare, son comité d'entreprise avait fait appel de la décision de liquidation pour laisser une chance à un projet porté par 33 salariés et un entrepreneur textile local, Pierre Schmitt.

Montebourg redoute le départ vers l'étranger des métiers à tisser

M. Montebourg a indiqué au journal avoir écrit au procureur de la République pour souligner l'importance pour la filière alsacienne du projet de reprise de l'entrepreneur français Pierre Schmitt. Mais le procureur n'a pas souhaité faire appel de la liquidation, a-t-il relevé. Néanmoins "il est toujours possible (...) de reprendre une société après sa liquidation. J'encourage très vivement M. Schmitt à persévérer", déclare Arnaud Montebourg.

Salariés et élus ont appelé à manifester ce jeudi à Hirsingue contre la liquidation qui doit entraîner la cession de ses machines outils, qui seront vendues aux enchères.

Le ministre redoute notamment que les métiers à tisser de cette entreprise tombent dans les mains d'acheteurs étrangers. "Les machines proposées à la vente aux enchères aujourd'hui vont servir à alimenter une concurrence déloyale hors du territoire national que nous n'acceptons pas", estime-t-il.

C.C. avec AFP