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Macron rejette l'idée d'une baisse de la participation de l'État dans Renault

Pour Emmanuel Macron, "ce n'est pas ça le sujet, ce n'est pas en changeant les participations que Nissan ira mieux."

Pour Emmanuel Macron, "ce n'est pas ça le sujet, ce n'est pas en changeant les participations que Nissan ira mieux." - Yohan Valat-AFP

En déplacement à Tokyo, Emmanuel Macron a déclaré qu'il voyait pas de raison de changer la participation de l'État, actuellement de 15%, dans Renault. Le président de la République contredit le ministre de l'économie qui s'était dit prêt, début juin, à abaisser la part de l'État.

"Rien ne justifie qu'on vienne changer les participations croisées, les règles de gouvernance et, a fortiori, la participation de l'État dans Renault qui n'a rien à voir avec Nissan", a déclaré Emmanuel Macron ce jeudi devant la presse, en marge d'une conférence sur les technologies à Tokyo.

Le président de la République est ainsi revenu sur les propos de son ministre de l'Économie. Bruno Le Maire s'était dit prêt début juin à abaisser la part de l'État dans le groupe au Losange, actuellement de 15%, pour tenter d'apaiser les tensions avec Nissan, très rétif aux interférences du gouvernement français.

"Ce n'est pas en changeant les participations que Nissan ira mieux"

En refusant d'envisager une modification du schéma capitalistique actuel de Renault, le chef de l'État français a aussi envoyé un message clair au patron de Nissan, Hiroto Saikawa. Ce dernier avait ouvert la porte, mardi 25 juin, devant les actionnaires, à une remise à plat de cette alliance de 20 ans, jugée déséquilibrée par les Japonais. Renault détient 43% de Nissan, mais ce dernier ne possède que 15% du groupe au Losange et pas de droit de vote.

Mais Emmnuel Macron s'est montré catégorique: "c'est le résultat de l'histoire, on ne va pas le revisiter maintenant, ce n'est pas ça le sujet, ce n'est pas en changeant les participations que Nissan ira mieux", a-t-il affirmé. Et d'insister: "les résultats qu'on a eus récemment, ils ne sont pas liés aux participations, ils sont industriels. Qu'on fasse moins de politique et moins de finance et plus d'industrie, plus d'innovation technologique".

L'alliance automobile franco-japonaise a subit de lourds soubresauts depuis l'arrestation de son bâtisseur Carlos Ghosn, en novembre 2018, inculpé au Japon pour des malversations financières présumées.

Frédéric Bergé avec AFP