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Les pilotes d'Air France s'alarment de la restructuration des liaisons court-courrier dans l'Hexagone

Si Air France parie sur sa compagnie low-cost Transavia pour assurer les dessertes d'Orly et de la province, "cela veut dire que de nombreuses liaisons dites interrégionales seraient dans un avenir proche abandonnées, voire supprimées", redoute l'intersyndicale de HOP!

Si Air France parie sur sa compagnie low-cost Transavia pour assurer les dessertes d'Orly et de la province, "cela veut dire que de nombreuses liaisons dites interrégionales seraient dans un avenir proche abandonnées, voire supprimées", redoute l'intersyndicale de HOP! - - Pascal Pavani-AFP

Le syndicat des pilotes d’Air France (Spaf) a mis en garde ce samedi la direction de la compagnie aérienne sur ses projets de restructuration de l’activité court-courrier en régions, selon Reuters. Le Spaf "s’assurera de la cohérence des choix opérés dans le contexte actuel et s’opposera à tout démembrement ou transfert du réseau."

Alors que l'intersyndicale de HOP!, la filiale régionale d'Air France, s'est inquiétée il y a deux jours des menaces pesant sur le maintien de certaines liaisons aériennes inter-régionales, le syndical des pilotes d'Air France (Spaf) s'alarment à son tour d'une éventuelle restructuration de ce réseau de vols desservant les régions. Une remise en cause qui se traduirait par la suppression de plusieurs liaisons intérieures régulières desservant les villes de l'Hexagone.

“Le Spaf s’assurera de la cohérence des choix opérés dans le contexte actuel et s’opposera à tout démembrement ou transfert du réseau de la compagnie Air France”, a prévenu dans un tract la puissante organisation, faisant référence à la possibilité de positionner la filiale low cost Transavia sur le réseau domestique à la place du pavillon Air France.

Un possible abandon de la desserte de Lyon ou Bordeaux?

Les pilotes s’émeuvent par ailleurs du possible abandon de villes comme Lyon ou Bordeaux parce qu’elles peuvent être desservies en moins de 2h30 par le TGV depuis Paris, reprenant les propos du ministre Bruno Le Maire invitant à privilégier le rail sur l'avion pour relier ces métropoles régionales.

Air France a obtenu fin avril une aide de sept milliards d’euros de la part de l’État pour faire face à la quasi-paralysie du trafic aérien mondial provoquée par la pandémie de coronavirus.

Parallèlement à ces aides, la compagnie entend finaliser dans les prochains mois un plan de transformation qui impliquera notamment une revue des activités d’Air France ainsi qu’un plan de départ volontaire.

Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire avait expliqué que l’aide apportée à la compagnie ne constituait “pas un chèque en blanc” et qu’elle était assortie de conditions, notamment qu’Air France “fasse un effort pour être plus rentable”.

Frédéric Bergé