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La crise du nickel plombe Eramet

Un bâteau de la SNL, la filiale calédonienne d'Eramet.

Un bâteau de la SNL, la filiale calédonienne d'Eramet. - -

Le groupe minier et métallurgique français n'exclut plus de supprimer des postes dans sa filiale calédonienne. En cause: la chute des cours du nickel, alimentée par les surproductions, les stocks élevés et… la Chine.

Patrick Buffet, le PDG d'Eramet tire la sonnette d'alarme ce vendredi 22 novembre sur la crise du nickel. Elle pourrait constituer une menace pour la paix sociale en Nouvelle-Calédonie, et sur place, sa filiale SLN la subit de plein fouet.

Les cours du métal s'effondrent depuis des mois. "Personne ne l'attendait à ce niveau" affirme Patrick Buffet. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les prix de production se situent aux alentours de 9 dollars la livre, selon le patron d'Eramet. Tandis que le prix de vente, lui, ne se situe qu'à 6 dollars.

Du minerai indonésien à prix cassé

Les causes de cette baisse des prix, qui est continue depuis des mois sont connues: les importantes surcapacités de production, les stocks très élevés, compte-tenu de la conjoncture.

Eramet insiste surtout sur une autre raison à cette crise: l'importation massive par la Chine de minerais en provenance des Philippines et surtout d'Indonésie à prix cassés.

L'Indonésie a prévu d'encadrer ces exportations à partir de 2014 pour favoriser sa propre industrie métallurgique. Du coup, Pékin anticipe, et importe en grandes quantités.

La solution est clairement "entre les mains de l'Indonésie", pour Eramet, qui n'exclut désormais plus des réductions d'effectifs. Alors que la Société du nickel reste aujourd'hui encore le premier employeur privé de Nouvelle-Calédonie.

Guillaume Paul