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La Corée du Nord profite de l'invasion de l'Ukraine pour tester de nouveaux missiles intercontinentaux

Photo diffusée le 12 janvier par l'agence nord-coréenne KCNA d'un essai de missile hypersonique dans un lieu non précisé en Corée du Nord (image d'illustration)

Photo diffusée le 12 janvier par l'agence nord-coréenne KCNA d'un essai de missile hypersonique dans un lieu non précisé en Corée du Nord (image d'illustration) - STR © 2019 AFP

La Corée du Nord aurait testé un nouveau système de missiles balisitiques intercontinentaux le 26 février et le 4 mars, soit juste après l'invasion de l'Ukraine. Washington dénonce une "escalade grave" et prend des sanctions.

Une "escalade grave". C'est aisni que les Etats-Unis ont qualifié les deux essais par la Corée du Nord d'un nouveau système de missiles balistiques intercontinentaux". Le Pentagone et la Maison Blanche annoncent déjà des sanctions. Ils ont décidé d'empêcher "la Corée du Nord d'avoir accès à des produits et technologies étrangères lui permettant de développer ses programmes d'armement interdits". "D'autres actions suivront dans les prochains jours", a dit cette source qui a requis l'anonymat.

Le ministère de la Défense nippon confirme les analyses et les craintes de Washington et estime que ces tirs " absolument inacceptable" sont une "menace pour la paix et la sécurité".

"Les Etats-Unis ont décidé de rendre cette information publique et de la partager avec nos alliés et partenaires parce que nous donnons la priorité à la réduction des risques stratégiques et parce que nous croyons fermement que la communauté internationale doit parler d'une seule voix pour s'opposer au développement futur de telles armes par la Corée du Nord", a dit un responsable de la Maison Blanche.

Les essais se sont déroulés juste après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le premier a eu lieu le 26 février, le second le 4 mars. Selon le porte-parole du Pentagone, John Kirby, il s'agirait d'un du missile dévoilé lors d'un défilé" le 10 octobre dernier. Le missile lancé en février aurait atteint une altitude d'environ 600 km et parcouru une distance d'environ 300 km. Celui lancé en mars a atteint une altitude de 550 km sur 300 km.

Tirer profit de l'invasion de l'Ukraine

Selon le Pentagone, ces tests serviraient à "évaluer" ce système avant un lancement "à pleine portée" qui pourrait être "déguisé en opération spatiale". La Corée du Nord pourrait ainsi mettre fin au moratoire qu'elle s'est elle-même imposée en 2017 sur les essais de missiles à longue portée, et sur les essais nucléaires.

Pyongyang assure qu'il s'agissait de tests de développement de satellites, réalisés depuis la base de Sohae, sur la côte nord-ouest de Corée du Nord. Le leader nord-coréen Kim Jong Un a d'ailleurs visité vendredi (heure locale) cette base, selon l'agence officielle KCNA, et a ordonné que les installations soient étendues et modernisées - de quoi alimenter encore les spéculations sur un test imminent et complet de missile à longue portée.

Washington et ses partenaires ont échoué en début de semaine à faire adopter au Conseil de sécurité de l'ONU un texte contre la Corée du Nord, qui a multiplié les tirs de missiles, de portées différentes, butant sur l'opposition de la Russie et de la Chine. Déjà sous le coup de sévères sanctions internationales, Pyongyang a jusqu'à présent rejeté toutes les offres de dialogue depuis l'échec en 2019 des négociations entre le dirigeant Kim Jong Un et le président américain d'alors Donald Trump.

Selon les analystes, Pyongyang chercherait aussi à tirer profit de l'invasion de l'Ukraine par la Russie pour procéder à de nouveaux essais au moment où les Etats-Unis portent toute leur attention sur ce conflit. L'annonce des Etats-Unis intervient par ailleurs juste après la victoire à la présidentielle en Corée du Sud du conservateur Yoon Suk-yeol, qui veut durcir le ton face à la Corée du Nord. Le nouveau président sud-coréen, que Joe Biden a appelé dès jeudi pour le féliciter, s'est ainsi promis "d'apprendre quelques manières" à Kim Jong Un.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama avec AFP Journaliste BFM Éco