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L'industrie doit "sortir de ce jeu un peu puéril du donnant-donnant" avec le gouvernement

Le PDG du groupe Redex et président de l'Alliance pour l'industrie du futur était invité sur le plateau de Good Morning Business, ce vendredi. Il est notamment revenu sur les baisses d'impôts de production que devrait enclencher l'exécutif, en échange d'investissements dans le développement durable.

Renforcer l'industrie française, c'est désormais le pari de Bercy qui organise une réunion autour de Bruno le Maire, ce vendredi, pour trouver des mesures rapides à proposer au secteur. Parmi elles, le chômage partiel, qui plait aux industriels. "On en avait beaucoup parlé en 2008 où les Allemands l'avait justement utilisé à haute dose avec des dispositifs très simples et très efficaces, qui leur avait permis de repartir efficacement" rappelle Bruno Grandjean, PDG du groupe Redex et président de l'Alliance pour l'industrie du futur, invité sur le plateau de Good Morning Business, ce vendredi.

"Le chômage partiel est une arme importante pour l'industrie qui est confrontée à des cycles. Et c'est finalement un moyen de soutenir le secteur exposé, l'industrie, et donc il faut qu'il y ait des dispositifs très simples d'utilisation, faciles à mettre en œuvre (…) c'est important oui."

L'autre option serait de relever largement le quota des heures supplémentaires. Une autre "très bonne mesure", selon l'industriel. "On est un peu comme dans une course cycliste dans l'industrie. On a des hauts, des bas, des montées, des descentes et il faut pouvoir avoir de la flexibilité."

"Surréaliste"

Mais le véritable enjeu, c'est la baisse des fameux impôts de production qui touche l'industrie. Selon les informations de BFM Business, le gouvernement va engager une baisse de 15 milliards d'euros, en contrepartie d'investissements, à la même hauteur, des industriels dans le développement durable.

Un "donnant-donnant" qui ne passe pas… "Le donnant-donnant, c'est quand même quelque chose qui nous paraît totalement surréaliste parce qu'on n'est pas dans une économie administrée aujourd'hui" tance Bruno Grandjean. "Il faut plutôt faire le pari de la confiance (…) mettre en place les conditions de la compétitivité, c'est vers là qu'il faut aller." Et surtout "sortir de ce jeu un peu puérile du donnant-donnant" estime le patron.

"On s'adapte, on fait des efforts, on s'implante dans les territoires (…) donc on fera les efforts nécessaire mais qu'on nous mette enfin dans des conditions de grande compétitivité."

"Il y a des opportunités pour l'industrie française" assure Bruno Grandjean. "On voit le commerce extérieur qui se rétablit, petit à petit, c'est le moment d'accélérer."

Thomas Leroy