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L'Inde susceptible de s'intéresser aux sous-marins nucléaires français

Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi ont réaffirmé leur volonté de travailler ensemble "dans un espace indo-pacifique ouvert et inclusif" avec peut-être à la clé, un contrat pour 6 sous-marins nucléaires.

La France en panne dans ses exportations de sous-marins après l'annulation du contrat australien? Pas tout à fait. Et parmi ses clients, l'Inde qui a déjà passé commande en 2005 à Naval Group de six sous-marins Scorpène P-75 de Naval group fabriqués en Inde à Mumbai sous la responsabilité du chantier naval indien Mazagon Dock Shipbuilders Limited (MDL). Trois ont déjà été mis en service, le dernier en mars 2021. La livraison se poursuivra jusqu’au sixième à l'horizon 2023-2024.

Le Scorpène est un sous-marin à propulsion classique polyvalent. Il est conçu pour remplir aussi bien des missions en surface que sous-marines. Furtif et rapide, il dispose de 6 tubes de lancement d’armes et de 18 armes (torpille, missiles et mines).

Mais la marine indienne compte lancer un nouvel appel d’offres pour six autres sous-marins mais cette fois des nucléaires de dernière génération. Cette décision repose sur la mise en service par la Chine de destroyers Type 055. Pékin en dispose déjà de 6 et compte en construire 10 autres. Face à ces navires dotés de lance-missiles mais aussi conçu pour la lutte anti sous-marine, l'Inde aurait choisi de s'équiper de 6 sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) et d'abandonner la construction d'un porte-avions.

L'Inde est un important client de la France en matière d'armement. Pour preuve, le contrat de 36 avions Rafale (construit par Dassault Aviation avec Thales et Safran) pour 7,8 milliards d'euros. Un appel d'offre est en cours pour une centaine d'appareils. L'Inde miserait sur le Tejas, son constructeur aéronautique, et sur le Rafale en deuxième source.

Six sous-marins nucléaires

Sur les 6 SNA, Naval Group est bien sûr en lice dans cet appel d'offre, certainement avec ses Barracuda, son dernier sous-marin nucléaire qui équipe déjà la marine française. Mais la compétition sera rude. Si les Américains ne semblent pas en être, le Français a face à lui quatre adversaires: l’espagnol Navantia, l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), le russe Rubin et le coréen Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering.

"La France est motivée pour soutenir l'Inde", a déclaré à BFM Business le ministère des Armées.

D'ailleurs, la crise des sous-marins avec l'Australie et celle provoquée par le pacte Aukus avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ont resserré les liens entre la France et l'Inde. Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi se sont entretenus au téléphone, réaffirmant leur volonté de travailler ensemble "dans un espace indo-pacifique ouvert et inclusif", a annoncé l'Elysée.

Le chef de l'État français "a rappelé l'engagement de la France à contribuer au renforcement de l'autonomie stratégique de l'Inde, y compris sa base industrielle et technologique", a précisé la présidence française.

Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian devait par ailleurs rencontrer son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar, mardi à New York, en marge de l'assemblée générale de l'ONU.

Dans un tweet, Narendra Modi a souligné avoir discuté avec Emmanuel Macron d'une "plus étroite collaboration entre Inde et France dans l'indo-Pacifique", rendant hommage à "l'importance" du partenariat stratégique bilatéral.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco