BFM Business

IG Metall met EADS sous pression

IG Metall avertit la direction d'EADS que des licenciements seraient "inacceptables" vu le carnet de commande actuel.

IG Metall avertit la direction d'EADS que des licenciements seraient "inacceptables" vu le carnet de commande actuel. - -

Une dizaine de jours avant la présentation par EADS des conséquences sociales de sa réorganisation, le puissant syndicat allemand de la métallurgie appelle les salariés d'outre-Rhin à se mobiliser jeudi 28 novembre.

Le tout puissant syndicat allemand de la métallurgie montre les crocs. Alors qu'EADS détaillera, le 9 décembre, les grandes lignes de sa restructuration, IG Metall appelle, ce mercredi 27 novembre, les salariés des sites allemands du groupe à débrayer demain jeudi. Et met en garde l'industriel, se disant prêt à de nouvelles actions de protestation contre son projet de fusion des branches défense et aérospatial.

"Si les exigences de la direction sont trop extrêmes et nous semblent disproportionnées, il faudra certainement s'attendre à de nouvelles actions", a prévenu Jürgen Kerner, membre du conseil exécutif du syndicat.

EADS a annoncé en juillet une vaste réorganisation. Le principe: passer de quatre branches à deux. Pour ce faire, les activités d'Airbus vont être scindées, le civil d'un côté, le militaire de l'autre. Une des jambes du futur groupe regroupera les activités défense & aérospatial, avec Airbus Military donc, Cassidian et Astrium. L'autre jambe comprendra les activités aéronautiques, avec Airbus civil et Eurocopter. Cette restructuration commencera le 1er janvier 2014 pour s'achever en juillet 2014.

8.000 suppressions de postes

EADS estime à 690 millions d'euros les économies potentielles liées à cette réorganisation, selon le quotidien allemand Handelsblatt daté de ce mercredi 27 novembre. La direction du groupe ne confirme pas cette information, et renvoie au 9 décembre, date à laquelle elle a prévu de détailler les conséquences sociales de sa réorganisation. Elle a toutefois reconnu que des réductions d'effectifs étaient "inévitables".

EADS devrait annoncer le plus important plan d'économies de son histoire, avec des suppressions de postes à hauteur de 20% de ses effectifs dans la branche défense, soit 8.000 postes sur 40.000 au total. Des suppressions de postes d'une telle ampleur impliquent des mesures plus douloureuses que des simples réaffectations, du temps partiel ou des départs en retraite anticipés, a estimé Jürgen Kerner.

"Et des mesures plus dures seraient totalement inacceptables pour les salariés de cette entreprise au vu du carnet de commandes actuel. Ils s'y opposeraient", a-t-il ajouté.

Fin septembre, EADS affichait un carnet de commandes de 642 milliards d'euros, en hausse de 17% sur un an, qui intègre principalement des commandes d'avions civils Airbus.

Nina Godart avec agences