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Gouvernement et syndicats unis contre la fermeture de l'usine Ford de Blanquefort

Ford a présenté un plan social complet pour un arrêt définitif de la production du site girondin de Blanquefort (850 salariés), prévu fin août 2019.

Ford a présenté un plan social complet pour un arrêt définitif de la production du site girondin de Blanquefort (850 salariés), prévu fin août 2019. - Nicolas Tucat-AFP

Le ministre Bruno Le Maire, furieux de la décision du constructeur automobile de fermer son usine de 850 salariés près de Bordeaux, va s'entretenir avec le patron de Ford Europe "dans les prochaines heures". De son côté, la CGT réclame que Ford rende les aides publiques reçues.

Le gouvernement et les syndicats sont vent debout contre la fermeture par Ford en août 2019 de son usine de boîte de vitesse qui emploie 850 salariés près de Bordeaux. Ce vendredi, dans les prochaines heures, le ministre de l'Économie "va avoir un contact avec le patron de Ford Europe et va insister pour que cette décision soit revue", a déclaré la Secrétaire d'État, Agnès Pannier-Runacher sur l'antenne de Radio Classique. "On a le sentiment d'avoir rempli toutes les conditions demandées par Ford", a-t-elle ajouté.

Dans la foulée, Philippe Martinez, invité ce vendredi de BFMTV, a déclaré: "on pourrait demander à Ford de rembourser tout l'argent public qui a été donné!. Bruno Le Maire est indigné, d'accord, mais là qu'il (Ford, ndlr) rembourse l'argent public, et plus que cela, que cette entreprise soit réquisitionnée", a-t-il dit. "c'est l'emploi de centaines de familles qui est en jeu" dans ce site qui fabrique des boîtes de vitesse et est implanté dans la banlieue bordelaise depuis 1972, a ajouté le numéro un de la CGT.

Ford préfère un plan social à une reprise du site

Ford a annoncé hier jeudi 13 décembre, qu'il écartait l'offre de reprise de l'usine de Blanquefort, dans le sud-ouest de la France, par la firme belge Punch Powerglide, malgré l'appui du gouvernement français, de la région Nouvelle-Aquitaine et de la métropole de Bordeaux. L'État et des autorités locales devaient apporter un "soutien financier de 15 millions d'euros" à ce projet industriel.

En dépit de ces engagements financiers, le groupe américain a estimé qu'un plan social était préférable à un projet de reprise qu'il juge fragile depuis le départ. Les syndicats de Ford Blanquefort avaient eux aussi appuyé ce plan, en acceptant pour les salariés du site, un gel de salaire pendant trois ans, la perte de trois jours de RTT et une modulation du temps de travail.

Apparemment, Ford veut à tout prix éviter que se reproduise le fiasco de la reprise de son site de Blanquefort par l’Allemand HZ Holding en 2009, qui l'avait obligé à revenir aux commandes de l'usine bordelaise en 2011.

Philippe Poutou veut "empêcher Ford d'aller jusqu'au bout"

À l'annonce de la décision de Ford, le ministre des Finances Bruno Le Maire, qui n'avait pas été prévenu par le constructeur de son rejet de l'offre, a dénoncé la "lâcheté", le "mensonge" et la "trahison" du constructeur américain, qu'il a accusé d'avoir rejeté l'offre de reprise pour "faire monter son cours de Bourse".

De leur côté dès l'annonce de la fermeture du site, les syndicats ont exprimé leur "immense déception" comme l'élu FO au comité d'entreprise, Jean-Marc Chavant. Aujourd'hui, sont en jeu "850 emplois, plus de 2.000 emplois induits et une commune, Blanquefort, qui va être fortement touchée", a-t-il fait valoir.

Pour Philippe Poutou, délégué CGT sur le site Ford condamné, "tout le monde était inquiet, y compris d'ailleurs les services de l'État, donc on n'avait pas un espoir énorme, mais ce petit espoir suffisait. Quand on a appris l'annonce, des copains se sont écroulés. Mais il faut quelques minutes, 20 min, 30 min et puis là, la hargne revient". On doit maintenant "voir quels moyens on a d'empêcher (Ford) d'aller jusqu'au bout", a-t-il ajouté.

Frédéric Bergé avec AFP