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Blanquefort: Ford rejette l'offre de reprise et préfère fermer son usine de 850 salariés

Ford a présenté un plan social complet" pour un arrêt définitif de la production du site girondin de Blanquefort (850 salariés),  prévu fin août 2019.

Ford a présenté un plan social complet" pour un arrêt définitif de la production du site girondin de Blanquefort (850 salariés), prévu fin août 2019. - Nicolas Tucat-AFP

Ford écarte l'offre de reprise du Belge Punch Powerglide pour son usine de boîte de vitesse à Blanquefort (Gironde) employant 850 salariés. Il propose un plan social complet et l'arrêt définitif de la production sur le site fin août 2019. Un échec pour Bruno Le Maire, qui évoque une "trahison", la région et la métropole de Bordeaux.

Ford Aquitaine Industries (FAI) a informé, ce jour, son comité d'entreprise avoir décidé de ne pas donner de suite favorable à la vente du site de FAI à l'acquéreur potentiel, la firme belge Punch Powerglide. Ford ajoute avoir "présenté un plan social complet" qui comprend notamment un congé de reclassement d'une durée étendue, à compter d'octobre 2019. L'arrêt de la production du site est prévu fin août 2019, 46 ans après son inauguration par Henry Ford II, président du groupe automobile et petit-fils de son fondateur.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire s'était pourtant personnellement impliqué dans ce dossier et avait appelé mardi soir le constructeur américain afin de l'inciter à accepter le projet de reprise de Punch Powerglide, qui devait préserver 400 emplois. Réagissant au refus de Ford concernant l'offre de reprise, le ministre a d'ailleurs qualifié cette décision de "trahison" et demandé à l'Américain de revoir sa décision.

Les salariés ont fait des concessions, en vain

Les syndicats de Ford Blanquefort avaient eux aussi appuyé ce plan, en acceptant un gel de salaire pendant trois ans, la perte de trois jours de RTT et une modulation du temps de travail. L'État, la région Nouvelle-Aquitaine et la métropole de Bordeaux devaient apporter un "soutien financier de 15 millions d'euros" à ce projet industriel.

"Malgré les discussions rigoureuses et approfondies des neuf derniers mois, et les meilleurs efforts fournis par chacune des parties, le plan proposé par le repreneur potentiel présente des risques significatifs", affirme Ford. Le constructeur automobile estime qu'un plan social est préférable à un projet de reprise qu'il juge fragile depuis le départ. "Nous ne croyons pas que les plans de l'acquéreur potentiel offrent le niveau de sécurité et de protection, ou limitent le risque de possibles pertes d'emploi futures, que nous souhaitons pour les salariés de FAI", a déclaré le constructeur.

Apparemment, Ford veut à tout prix que se reproduise le fiasco de la reprise de son site de Blanquefort par l’Allemand HZ Holding en 2009, qui l'avait obligé à revenir aux commandes de l'usine bordelaise en 2011.

Les syndicats du site girondin s'affichent très déçus

Le plan social de Ford comprend aussi "un plan de cessation anticipée d'activité très favorable, un redéploiement chez GFT", un site commun à l'équipementier Getrag et Ford qui fabrique des transmissions mécaniques à Blanquefort. Il prévoit également "d'autres mesures destinées à aider les salariés à se tourner vers d'autres employeurs ou à poursuivre d'autres opportunités de carrière, qu'il s'agisse de créations d'entreprise ou de formations de reconversion

Dès l'annonce, les syndicats ont exprimé leur "immense déception" comme l'élu FO au comité d'entreprise, Jean-Marc Chavant. "C'était prévisible, c'est ce qu'on craignait, mais on y croyait un petit peu quand même", a-t-il déclaré. Aujourd'hui, sont en jeu "850 emplois, plus de 2.000 emplois induits et une commune, Blanquefort, qui va être fortement touchée", a-t-il fait valoir.

Pour le délégué CGT Vincent Alauze, "on savait que Ford voulait fermer et ferait tout pour y parvenir. Mais c'est quand même une bonne claque dans la tête", a-t-il indiqué en ajoutant qu'"on ne va pas les laisser tranquilles".

F.Bergé avec AFP