BFM Business

"Genesis", l'ambitieux projet d'Urgo pour créer de la peau artificielle

Le laboratoire, connu pour ses pansements, a formé un partenariat public/privé pour "développer une nouvelle solution de cicatrisation pour les plaies dites sévères."

"Notre souveraineté sanitaire passe par nos entreprises innovantes. Le groupe Urgo en est la preuve avec Genesis." La petite dédicace est signée Emmanuel Macron sur Twitter. Le président de la République a salué en grande pompe les ambitions du laboratoire Urgo, spécialiste du traitement des plaies et principalement connu pour ses pansements.

Le projet ambitieux? Créer de la peau artificielle pour soigner les plaies sévères. Ce serait d'ailleurs une première mondiale. "C'est un pari un peu fou, quand on en parle aux médecins, ils nous disent que ce serait le Graal absolu" explique Guirec Le Lous, président d'Urgo médical invité sur BFM Business.

Car aujourd'hui, la cicatrisation des plaies sévères, celles des grands brûlés par exemple, passe par l'autogreffe. "Cela implique des interventions chirurgicales multiples, permettant le prélèvement et la greffe de peau, de longs séjours à l’hôpital (30 jours en moyenne) ainsi qu’un suivi de longue durée en médecine de ville", explique Urgo dans un communiqué.

Le groupe se donne cinq à dix ans pour inventer une peau artificielle, prête à l'emploi. Un "défi scientifique et technologique", baptisé "Genesis", que le groupe mûrissait depuis quelques années déjà.

100 millions d'euros investis

Mais le projet s'est aujourd'hui accéléré. Urgo a réuni un consortium de cinq acteurs publics et privés. Parmi eux, plusieurs organismes de recherche, comme un laboratoire du CNRS spécialisé dans la peau mais aussi l'entreprise Dassault Systèmes qui apportera son expertise dans la modélisation 3D du corps humain. "On a réuni cette dream team française. On est allé chercher les meilleurs experts chacun dans leur domaine" assure Guirec Le Lou.

Des compétences pluridisciplinaires auxquelles s'ajoute une participation financière de la part de chaque entité. Le projet est également soutenu par l'Etat via Bpifrance qui injecte près de 23 millions d'euros, portant la taille globale du projet à 100 millions d'euros.

Par Raphaël Couderc avec Thomas Leroy