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Frédéric Saint-Geours: "les effets du pacte de compétitivité ne sont pas présents"

Frédéric Saint-Geours était l'invité de BFM Business, ce mercredi 6 novembre.

Frédéric Saint-Geours était l'invité de BFM Business, ce mercredi 6 novembre. - -

Le président du Groupe des fédérations industrielles était, ce mercredi 6 novembre, l'invité de BFM Business. Il est notamment revenu sur la situation des entreprises françaises, un an après l'annonce du pacte de compétitivité.

La France fait actuellement face à une importante vague de plan de restructuration et de dépôts de bilan. Ce mercredi 6 novembre, Fagor-Brandt, filiale française de Fagor, est venu se rajouter à une longue liste en se déclarant en cessation de paiement.

Invité ce mercredi 6 novembre de BFM Business, le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), Frédéric Saint-Geours a expliqué que "cela ne va pas s'arrêter".

"Depuis la crise, le niveau d'activité des entreprises françaises a baissé d'environ 15% et, dans le même temps, l'emploi n'a baissé que de 5%. Forcément, des entreprises doivent se poser des questions sur leur structure productive", a-t-il expliqué, ajoutant "qu'il est naturel que dans une industrie, il y ait des restructurations pour fermer et ouvrir des sites".

"Le sujet auquel on est confronté aujourd'hui est de savoir si nous avons dans les tuyaux des mesures qui permettent d'améliorer la situation rapidement", a-t-il poursuivi. En ce sens, Frédéric Saint-Geours a jugé qu'il est "vrai que les effets du pacte de compétitivité ne sont pas présents".

Une effet complet du CICE pour 2015

"Beaucoup de ces effets sont décalés. L'effet complet du crédit d'impôt compétitivité pour l'emploi (CICE) est pour 2015. De plus, après l'accord national interprofessionnel sur le marché du travail, les entreprises ne vont faire que très progressivement des accords de compétitivité qui en tirent parti".

"C'est pour cela qu'aujourd'hui nous n'avons pas sur la table des éléments qui changent la conjoncture pour empêcher ces restructurations", a-t-il conclu.

La fiscalité française est "mal faite"

Pierre Moscovici avance pourtant que le CICE a permis la création ou éviter la destruction de 30.000 emplois. "C'est difficile à mesurer dans la mesure où le CICE, actuellement, ne recouvre que des avances de trésorerie qui ne représentent qu'une part faible de son impact globale", a réagi Frédéric Saint-Geours.

Pour autant, le président du GFI a jugé qu'il "s'agit d'une bonne mesure, n'y touchons pas". "Mais il y a besoin de faire plus sur le coût du travail, la fiscalité". Sur ce dernier point, il a estimé que la fiscalité "est mal faite puisqu'elle taxe beaucoup les facteurs de production, le chiffre d'affaires avant même la création de richesse, ce qui est une particularité défavorable de la fiscalité française".

J.M.