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Elus et salariés défilent au Mans pour la défense d'Arjowiggins

Sur les mur d'un site ArjoWiggins, les salariés affichent leurs craintes de perdre leur emploi

Sur les mur d'un site ArjoWiggins, les salariés affichent leurs craintes de perdre leur emploi - Sarah BRETHES / AFP

La fermeture des usines papetières Arjowiggins est un véritable séisme pour l'économie locale. Les élus se joignent aux salariés pour tenter de sauver les 3000 emplois menacés.

Environ 500 personnes, dont des salariés et des élus, ont manifesté mercredi matin au Mans pour le maintien de l'emploi dans deux usines du papetier Arjowiggins basées dans la Sarthe, en redressement judiciaire, avec 900 postes en jeu, rapporte l'AFP. "Arjo fermé, région sinistrée, Arjo repris, région en vie", "notre savoir-faire ne date pas d'hier", ont notamment scandé les manifestants. Des copeaux de papier ont été lancés dans la rue.

Placée en redressement judiciaire, l'usine de Bessé-sur-Braye, où l'on fabrique du papier depuis le début du XIXe, pourrait être reprise par le groupe THLF. La date de dépôt de l'offre de reprise au tribunal de commerce de Nanterre a été fixée au 6 mars. "C'est le désespoir, on a de plus en plus peur, il y avait deux offres, il n'y en a plus qu'une", a expliqué Jacques Laroche, le maire de cette commune de 2.200 habitants, enclavée et extrêmement dépendante de cette usine.

Un "véritable séisme" sur la ville

"Il semble que l'entreprise soit fiable mais on a des craintes sur la fiabilité du dossier, on espère que le dossier tienne la route", a-t-il ajouté. Pour Gilles Leproust, conseiller départemental (communiste), la fermeture de l'usine de Bessé-sur-Braye serait un "véritable séisme". "Ce qui arrive à ces salariés, c'est le capitalisme financier qui écrase tout sur son passage", a-t-il dit.

Des employés d'Arjowiggins Le Bourray, près du Mans, spécialisée dans la ouate, étaient aussi présents dans le cortège, tout comme des salariés de CKB-TE Connectivity (connecteurs pour l'industrie ferroviaire et offshore pétrolier) d'Allonnes, dont 162 emplois sont également menacés. La manifestation a été organisée par une intersyndicale Arjowiggins CGT/CFDT/CFE-CGC qui chiffre à 3000 le nombre d'emplois menacés dans la Sarthe (300 emplois directs au Bourray, 600 à Bessé-sur-Braye ainsi que 2.100 emplois indirects).

Pascal Samama avec AFP