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Des pilotes réclament une meilleure formation sur le Boeing 737 MAX

Fin avril, Boeing a estimé à 1 milliard de dollars les premières conséquences de la crise du MAX. Mais cette facture va grimper, alors qu'il fait face à des poursuites de familles de victimes

Fin avril, Boeing a estimé à 1 milliard de dollars les premières conséquences de la crise du MAX. Mais cette facture va grimper, alors qu'il fait face à des poursuites de familles de victimes - AFP

Après les deux crash de 737 MAX ayant fait 346 morts, les pilotes demandent de renforcer leur formation pour revoler sur cet appareil. Problème, les simulateurs intégrant le logiciel anti-décrochage MCAS se font rares.

Plusieurs pilotes, dont Chesley Sullenberger -le héros qui s'est posé en catastrophe sur l'Hudson River en 2009-, ont réclamé une meilleure formation pour leurs collègues destinés à piloter le Boeing 737 MAX, cloué au sol après deux accidents ayant tué 346 personnes.

"Il est clair que la version originale du MCAS (un logiciel installé pour tenir compte de la nouvelle motorisation plus puissante qui change les caractéristiques de vol du 737 MAX, ndlr) était fatalement défectueuse et n'aurait jamais dû être approuvée", a accusé le commandant Sullenberger. 

Manque de simulateurs

Devant la sous-commission aviation de la Chambre des représentants, Daniel Carey, le président du puissant syndicat des pilotes américains, a accusé Boeing d'avoir "été malhonnête par le passé" et de n'avoir pas prévenu les pilotes de l'existence de ce système.

La question de la formation des pilotes s'est donc vite retrouvée au coeur des discussions: suffira t-il, comme le pense Boeing, de former les pilotes déjà certifiés de vol sur les versions précédentes du 737 sur tablette électronique ou faudra t-il les faire passer dans des simulateurs de vol? Cette dernière solution prendra du temps, faute de nombre suffisant de simulateurs, et coûtera beaucoup plus cher.

"Lire des choses sur un iPad n'est pas du tout suffisant"

"Ils ne nous ont jamais dit que le système (MCAS) existait et donc il n'y a pas eu de solide entraînement" des pilotes destinés au 737 MAX, a accusé Daniel Carey, portant son uniforme de pilote au cours de l'audition, qui s'est aussi déroulée en présence de la famille d'une jeune victime.

Chesley Sullenberger -qui a récemment volé en simulateur pour recréer les accidents survenus sur le MAX- a insisté sur le fait que les pilotes "doivent développer une mémoire musculaire pour être capables de répondre rapidement et efficacement à une urgence. Lire des choses sur un iPad n'est pas du tout suffisant".

Le constructeur travaille d'arrache-pied depuis plusieurs mois pour corriger le MCAS, un système anti-décrochage mis en cause dans l'accident de Lion Air en Indonésie en 2018 et celui d'Ethiopian Airlines en mars en Ethiopie. Boeing n'a toujours pas soumis les modifications en vue de leur certification. 

Paul Louis avec AFP