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Coronavirus: ces deux PME dont Jean-Luc Mélenchon réclame la nationalisation

Jean-Luc Mélenchon a redemandé la nationalisation de l’usine Luxfer de Gerzat (Puy-de-Dôme) qui, avant sa fermeture, était la seule en Europe à fabriquer des bouteilles à oxygène médical.

Jean-Luc Mélenchon a redemandé la nationalisation de l’usine Luxfer de Gerzat (Puy-de-Dôme) qui, avant sa fermeture, était la seule en Europe à fabriquer des bouteilles à oxygène médical. - Ludovic Marin-Pool-AFP

Le chef de file des Insoumis a redemandé, sur BFMTV, la nationalisation de Luxmer, un des rares fabricants de bouteilles à oxygène médical dont l'usine près de Clermont-Ferrand a fermé et de Famar, seul producteur en France de la chloroquine, en redressement judiciaire.

"Je redemande la nationalisation de Luxmer, l'entreprise qui est aujourd'hui à l'arrêt et dont les travailleurs sont d'accord pour reprendre le travail. L'actionnaire l'a fermée et cette usine fabrique des bouteilles d'oxygène médical: la pénurie sera bientôt là", a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur l'antenne de BFMTV.

Ce site dont d'autres élus telle Marine Le Pen (RN), ont aussi réclamé la nationalisation, est une usine située à Gerzat (Puy-de-Dôme) près de Clermont-Ferrand, qui, avant sa fermeture, était la seule en Europe à fabriquer des bouteilles à oxygène médical.

L'usine fut fermée en 2019 par son actionnaire britannique

Cette usine a été fermée en 2019 par son propriétaire, le groupe britannique Luxfer. Les bouteilles d'oxygène médical qu'elle produisait sont utilisées notamment pour atténuer les symptômes de détresse respiratoire ou lorsque les malades gravement atteint par le covid-19 doivent être déplacés d'un hôpital à l'autre.

L'usine fabriquait 220.000 bouteilles par an, dont la moitié pour l'oxygène médical, 40% pour équiper les pompiers et 10% pour l'industrie, selon le syndicat. Ses salariés, qui occupaient leur usine depuis le mois de janvier 2020, ont mis fin à leur action pour respecter le confinement.

Basé en Angleterre, Luxfer avait annoncé fin novembre 2018 la fermeture définitive de l'usine auvergnate, rachetée en 2001 à une filiale de Pechiney-Rhenalu.

Le chef de file de la France Insoumise a par ailleurs redemandé, sur BFMTV, qu'on nationalise la société Famar "parce qu'elle fabrique 12 médicaments dont on a besoin et qu'en fin de semaine on sera dans une situation de pénurie sur certains médicaments". 

Situé à Saint-Genis-Laval, près de Lyon, ce site pharmaceutique, qui emploie 250 salariés, est la seule en France habilitée par l'agence du médicament à fabriquer la chloroquine, l'un de ces traitements testés qui fait polémique, sous la marque Nivaquine, pour le compte de Sanofi Aventis. 

Mais elle est placée en redressement judiciaire depuis le 24 juin 2019, Famar ayant actuellement des commandes lui permettant d'assurer son activité au moins jusqu'au mois de juillet 2020.

Le dossier est suivi par Bercy depuis plusieurs mois

Le Haut conseil de santé publique a décidé que la chloroquine pourra être administrée aux malades souffrant de "formes graves" du coronavirus, mais pas pour des formes "moins sévères". Par ailleurs, un essai clinique européen (Discovery) a commencé dans sept pays (sous l'égide de l'Inserm en France) pour tester quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus, dont la chloroquine.

Le dossier Famar est "suivi depuis plusieurs mois" par le ministère de l'Economie, afin de lui trouver un repreneur, "C'était l'objectif avant la crise du Covid-19 et c'est toujours l'objectif", assure-t-on, sans s'avancer sur les espoirs autour de la production éventuelle de chloroquine.

Bercy échange avec plusieurs repreneurs potentiels, dont une entreprise libanaise, et même Sanofi, l'un des principaux clients de l'usine.

Frédéric Bergé