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Chantiers de Saint-Nazaire: la justice sud-coréenne choisit Fincantieri

Comme pressenti, c'est l'italien Fincantieri qui a été choisi. 

Comme pressenti, c'est l'italien Fincantieri qui a été choisi.  - Loic Venance - AFP

Le nom du candidat retenu pour la reprise du chantier naval STX France est désormais connu: il s'agit de l'italien Fincantieri.

La justice sud-coréenne a tranché, en ce qui concerne la reprise du chantier naval STX France de Saint-Nazaire. Comme pressenti, c'est l'italien Fincantieri qui a été choisi. 

Ce dernier était le seul candidat à la reprise de STX France. Initialement un autre dossier tenait la corde: un consortium composé du néerlandais Damen, de l'italien MSC Croisières, et de l'américano-norvégien Royal Caribbean. Ce consortium avait les faveurs de Bercy et des élus locaux mais, selon les informations de BFM Business, un désaccord est survenu entre les parties au dernier moment, au sujet du niveau des participations. Damen s'est alors retiré et le consortium a éclaté en plein vol. 

Les difficultés de STX

STX France appartient jusqu'à présent au groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding, qui se débat depuis des années avec des pertes croissantes provoquées par une gestion défaillante et une demande mondiale en berne. Il a officiellement été mis en vente en octobre par la justice sud-coréenne.

Les chantiers de Saint-Nazaire, détenus pour un tiers par l'État français, sont sa seule filiale rentable.

Le juge Choi Ung-Young, qui fait office de porte-parole du tribunal, avait précisé la semaine dernière qu'une seule offre de reprise du chantier naval français avait été soumise dans le délai imparti. Il s'était refusé à donner le nom du candidat.

L'État ne réduira pas sa participation

Maintenant que la justice coréenne s'est prononcée, le dossier va être repris par Bercy. D'après les informations de BFM Business, une table ronde élargie pourrait prochainement être organisée avec Fincantieri, le groupe de défense DCNS qui avait expliqué en octobre étudier une éventuelle prise de participation dans STX, ainsi que MSC Croisières et Royal Caribbean. Cette réunion portera sur le niveau des participations de chaque acteur dans le capital de STX France. En effet, selon les informations de BFM Business, Bercy veut faire participer les clients historiques pour limiter l'influence d'un acteur chinois, Fincantieri étant historiquement proche du groupe China State Shipbuilding avec qui il construit des bâtiments.

Le secrétaire d'État français à l'Industrie, Christophe Sirugue, a déjà indiqué que l'État français ne comptait pas réduire sa participation au sein de STX France.

Contrairement à sa maison mère, STX France, qui compte 2.600 salariés et fait travailler environ 5.000 sous-traitants, est en pleine forme avec un carnet de commandes très bien rempli. STX France avait été revendu à STX en 2008 par le Norvégien Aker Yards, qui l'avait lui-même racheté en 2006 à Alstom.

STX Offshore & Shipbuilding est sous le contrôle de ses créanciers depuis 2013, dont la banque publique Korea Development Bank. Ceux-ci ont lâché plus de 4.000 milliards de wons pour l'aider à faire face à ses échéances (3,2 milliards d'euros). Mais cela n'a pas suffi à remettre l'entreprise à flot et son endettement total atteignait 7.300 milliards de wons en juin.

Y.D., J.M. et Jean-Baptiste Huet avec AFP