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Carlos Ghosn maintenu en détention, son bras droit est libéré sous caution

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- - Kazuhiro Nogi - AFP

Greg Kelly, bras droit de Carlos Ghosn chez Nissan, a été relâché sous caution. Il avait été arrêté le 19 novembre au Japon en même temps que le dirigeant de Renault, qui lui reste en garde à vue jusqu'au 1er janvier au moins.

Les autorités japonaises ont annoncé que la garde à vue de Carlos Ghosn, PDG de Renault démis de ses fonctions chez Nissan et Mitsubishi Motors, se poursuivra au moins jusqu'au 1er janvier 2019 après l'annonce d'un nouveau mandat d'arrêt, le troisième, sur des charges supplémentaires concernant cette fois l'abus de confiance. Le parquet peut encore requérir une extension de 10 jours supplémentaires du dirigeant de 64 ans. 

Par contre, son bras droit chez Nissan, l'Américain Greg Kelly (62 ans), a finalement été libéré. Le tribunal de Tokyo a approuvé le 24 décembre sa libération en échange d'une caution de 70 millions de yens (environ 560.000 euros au cours actuel). La somme aurait été versée en espèces.

Greg Kelly qui, contrairement à Carlos Ghosn, ne fait pas l'objet d'un troisième mandat d'arrêt, est sorti de prison dans la soirée de mardi. Il est apparu sur les images de télévision les traits tirés, et s'est aussitôt engouffré dans un taxi, visage fermé, sans s'exprimer. Dans un communiqué cité par l'agence de presse Kyodo, il a réfuté les accusations et dit espérer "un acquittement" lors du procès à venir. "Je veux restaurer ma réputation", a-t-il insisté.

Attiré dans un guet-apen

Sa libération est assortie de conditions: d'après les médias japonais, il ne sera pas autorisé à quitter le Japon, ni à entrer en contact avec des personnes liées au dossier. Considéré comme le bras droit de Carlos Ghosn chez Nissan, Greg Kelly avait été inculpé le 10 décembre pour avoir, selon les accusations du parquet, aidé le dirigeant à dissimuler une partie de ses revenus aux autorités boursières, environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) sur cinq années, de 2010 à 2015. Il est aussi soupçonné d'avoir participé à une minoration similaire d'émoluments de Carlos Ghosn de 2015 à 2018.

Le responsable américain avait été attiré mi-novembre à Tokyo par un employé de Nissan pour y être arrêté, selon la version de son épouse qui a dénoncé "un complot international, une trahison de certains dirigeants de Nissan pour prendre le contrôle" du constructeur japonais. Peu après l'interpellation des deux hommes, le groupe avait démis Carlos Ghosn de la présidence du conseil d'administration et Greg Kelly de ses fonctions de représentation.

P.S. avec AFP