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Carlos Ghosn passera Noël et le réveillon du Nouvel An en prison

L'homme d'affaires franco-libanais, ex-patron de l'Alliance Renault-Nissan, a été arrêté soudainement le 19 novembre à Tokyo.

L'homme d'affaires franco-libanais, ex-patron de l'Alliance Renault-Nissan, a été arrêté soudainement le 19 novembre à Tokyo. - Toshifumi Kitamura - AFP

La justice japonaise a décidé dimanche de prolonger la garde à vue du patron français jusqu'au 1er janvier.

Le PDG de Renault et ex-patron de l'Alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, passera Noël et le réveillon derrière les barreaux, la justice japonaise ayant décidé dimanche de prolonger sa garde à vue jusqu'au 1er janvier.

Cette décision judiciaire est le dernier développement en date dans la saga qui passionne le Japon et le monde des affaires depuis que ce titan du monde de l'automobile a été arrêté soudainement le 19 novembre à Tokyo à l'arrivée de son jet privé.

"Aujourd'hui, la décision a été prise de maintenir [Carlos Ghosn] en détention. La garde à vue viendra à expiration le 1er janvier", a dit le tribunal du district de Tokyo dans un communiqué.

Ce jugement ne signifie pas que l'ancien patron de Nissan sera libéré au Nouvel An, le parquet pouvant requérir à cette date que sa garde à vue soit prolongée de 10 jours supplémentaires pour les besoins de l'enquête.

Soupçonné "d'avoir causé un préjudice à Nissan"

En outre, parallèlement, Carlos Ghosn est aussi en détention provisoire suite à une première inculpation, ce qui signifie qu'une libération ne peut avoir lieu qu'à la fin de cette garde à vue et sur acceptation par le tribunal d'une demande de mise en liberté sous caution.

Il s'agit d'un nouveau front dans les ennuis judiciaires de Carlos Ghosn. Celui-ci a fait l'objet vendredi d'un nouveau mandat d'arrêt, le troisième, sur des charges supplémentaires, concernant cette fois l'abus de confiance. Le parquet soupçonne ainsi Carlos Ghosn d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan".

Concrètement, le bureau des procureurs lui reproche d'avoir fait couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008, ce qu'il nie selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK. La somme incriminée s'élève à 1,85 milliard de yens (14,5 millions d'euros).

Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu'un ami d'Arabie saoudite se porte garant et aurait effectué des virements d'un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d'une filiale de Nissan.

J.-C.C. avec AFP