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L'affaire se complique pour Carlos Ghosn à nouveau arrêté cette nuit à Tokyo

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Le parquet de Tokyo soupçonne l'ex-patron de Nissan d'avoir fait passer des pertes personnelles dans les comptes du constructeur japonais. Il a de nouveau été placé en état d'arrestation vendredi.

Le parquet de Tokyo a de nouveau placé Carlos Ghosn en état d'arrestation vendredi, accusant l'ex-président de Nissan d'avoir fait passer dans les comptes du constructeur japonais des pertes sur des investissements personnels de plus de 1,8 milliard de yens (14,1 millions d'euros) en 2008.

Selon un communiqué du parquet, Carlos Ghosn est soupçonné d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan".

Concrètement, le parquet lui reproche d'avoir "imputé sur les comptes de la société des pertes d'investissements personnels" subies à cause de la crise financière d'octobre 2008, ce qu'il nie selon la chaîne de télévision publique NHK. La somme incriminée s'élève à 1,85 milliard de yens (14,5 millions d'euros). 

Il est aussi accusé d'avoir effectué quatre transactions d'un montant total de 14,7 millions de dollars, d'une filiale de Nissan vers un autre compte à son bénéfice. Pour le moment, le Franco-libano-brésilien a été inculpé le 10 décembre pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été mis en examen.

Carlos Ghosn veut rétablir son honneur

Cela signifie que le PDG de Renault et de l'alliance Renault-Nissan pourrait être maintenu en détention pendant une nouvelle période de dix jours, après avoir déjà passé un mois en prison depuis son arrestation le 19 novembre pour des accusations de malversations financières.

La décision du parquet de Tokyo intervient au lendemain du refus d'un tribunal de district de la capitale japonaise de prolonger la détention de Carlos Ghosn, un coup de théâtre qui laissait envisager que Ghosn pourrait être rapidement libéré sous caution.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de l'avocat de Carlos Ghosn, Motonari Otsuru, qui avait précédemment refusé de donner suite à des demandes de commentaires sur l'affaire. Un peu plus tôt vendredi, la chaîne de télévision japonaise NHK, citant le conseil de Ghosn, rapportait que le PDG de Renault avait juré de rétablir son honneur en justice.

Le dossier plus large que la rémunération chez Nissan?

NHK avait déclaré jeudi que Carlos Ghosn et son ex-conseiller chez Nissan, Greg Kelly, pourraient être libérés dès vendredi. L'avocat de Greg Kelly a demandé que son client soit remis en liberté, a annoncé dans un communiqué le tribunal de district de Tokyo, qui avait aussi refusé jeudi de prolonger la détention de cet ex-administrateur de Nissan, accusé de complicité avec Carlos Ghosn.

A l'issue d'une première période de détention, Carlos Ghosn a été inculpé le 10 décembre pour avoir omis de déclarer l'intégralité de sa rémunération chez Nissan de 2010 à 2015. Le même jour, l'enquête a été élargie aux trois années suivantes, ce qui a entraîné immédiatement une nouvelle mise en détention, pour une période initiale de 10 jours qui s'achevait jeudi.

Le parquet a refusé de s'exprimer sur une éventuelle inculpation portant sur la période 2015-2018. Carlos Ghosn a été évincé de la présidence de Nissan dans la foulée de son arrestation. Il est toujours PDG de Renault, même si une direction intérimaire a été mise en place, et reste officiellement PDG de l'alliance automobile franco-japonaise.

Reuters a rapporté mercredi que le dossier de la rémunération de Carlos Ghosn ne se limitait pas à Nissan mais concernait aussi l'alliance elle-même et que des dirigeants des deux constructeurs automobiles, certains toujours en poste, avaient été inclus dans des courriels et des réunions sur le sujet.

Frédéric Bianchi avec AFP