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Carlos Ghosn devra demander aux juges leur autorisation avant de voir sa femme

Le tribunal de Tokyo a approuvé la libération sous caution de Carlos Ghosn, incarcéré pour la deuxième fois début avril. Le parquet a fait appel de cette décision. S'il sort, l'ancien patron devra demander une autorisation pour voir son épouse.

A sa sortie, Carlos Ghosn devra obtenir l'autorisation des juges avant de voir son épouse. "Elle pourra le rencontrer, à condition que le tribunal approuve une requête" en ce sens, a expliqué l'avocat de Carlos Ghosn, Maitre Junichiro Hironaka. 

Carole Ghosn est désormais elle aussi dans le viseur de la justice nippone, qui souhaitait déjà l’interroger à la suite de la dernière arrestation de Carlos Ghosn. Selon le chef du bureau de l'agence Bloomberg à Tokyo, et l'AFP, cette interdiction a été demandée par les procureurs, car Carole Ghosn aurait tenté de contacter des personnes liées au dossier.

Le parquet a fait appel de la décision de libération

Le tribunal de Tokyo a annoncé jeudi avoir approuvé la libération sous caution de Carlos Ghosn, qui était retourné en prison début avril après une ré-arrestation surprise. Le parquet a immédiatement réagi en faisant appel de cette décision.

L'ex-PDG de Renault-Nissan, qui avait initialement été arrêté le 19 novembre à Tokyo, avait déjà payé un milliard de yens (8 millions d'euros) pour sortir le 6 mars du centre de détention du quartier de Kosuge, après avoir obtenu une première mise en liberté conditionnelle avec assignation à résidence dans la capitale nippone. Mais les procureurs ont décidé à peine un mois plus tard de l'interpeller de nouveau sur des faits supplémentaires.

Carlos Ghosn est sous le coup de quatre inculpations pour diverses malversations financières, dont des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux cas différents d'abus de confiance aggravé.

De retour dans son appartement de Tokyo

Les conditions imposées à sa liberté surveillée ont été précisées ce matin par le tribunal. L'ancien grand patron sera cependant soumis à de strictes conditions: "assignation à résidence, interdiction de quitter le Japon et autres conditions destinées à empêcher destruction de preuves et fuite".

La fois précédente, il n'avait en sus pas le droit d'utiliser un smartphone connecté à internet et n'avait accès à un ordinateur qu'en semaine à des horaires définis au cabinet de son avocat.

Il avait toutefois pu retrouver sa famille - son épouse Carole et ses filles venues spécialement - dans un appartement de location à Tokyo, enregistré auprès du tribunal et dont il n'avait pas le droit de s'absenter plus de trois jours. C'est dans cet appartement qu'il retournera s'il est libéré dans les prochaines heures. 

Une défense orchestrée avec son épouse Carole

Avant même sa première libération sous caution, Carlos Ghosn a usé de plusieurs moyens - interview à quelques médias dont l'AFP, communiqués, comparution à sa demande devant un tribunal - pour clamer son innocence et dénoncer un complot ourdi par Nissan à son encontre.

Dans une récente vidéo, enregistrée avant sa ré-arrestation mais rendue publique quelques jours plus tard, il a également insisté sur la thèse du piège tendu par les dirigeants du constructeur d'automobiles japonais afin de le faire tomber et stopper ainsi le processus de fusion Renault-Nissan qu'il préparait.

Son épouse, Carole Ghosn, se mobilise depuis des semaines pour dénoncer le traitement dont fait l'objet son mari, une campagne soutenue par plusieurs avocats étrangers comme japonais et des organismes internationaux qui estiment que le système judiciaire nippon ne respecte pas les droits de la défense.

A.-K.M avec AFP