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Brexit "sans accord": comment le britannique Rolls-Royce se prépare au pire

Rolls-Royce fabrique des moteurs pour l'aviation et la marine et emploie plus de 22.000 personnes au Royaume-Uni, ce qui en fait un des plus grands groupes manufacturiers du pays.

Rolls-Royce fabrique des moteurs pour l'aviation et la marine et emploie plus de 22.000 personnes au Royaume-Uni, ce qui en fait un des plus grands groupes manufacturiers du pays. - Carl Court-AFP

Le grand industriel britannique des moteurs d'avions et de bateaux étudie le transfert en Allemagne de son activité de conception de moteurs pour gros-porteurs. Cette mesure, réversible, serait éventuellement prise au cas où un Brexit "sans accord" s'appliquerait au 29 mars 2919.

Rolls-Royce se prépare au pire dans la perspective d'un Brexit sans accord qui pourrait prendre effet le 29 mars 2019, en étudiant le transfert d'activités hors du Royaume-Uni. Dans un rapport d'activité intermédiaire qu'il a publié sur son site internet, il "prend note de la décision du gouvernement britannique de reporter le vote sur l'accord de retrait proposé" tout en ajoutant, "nous continuerons à mettre en œuvre nos plans d'urgence jusqu'à ce que nous soyons certains qu'un accord et une période de transition aient été convenus."

"Nous travaillons avec l’AESA (Agence européenne de sécurité aérienne, NDLR) pour obtenir l’approbation concernant le transfert de la conception de gros moteurs d'avion en Allemagne, pays où nous réalisons déjà ce processus pour les jets d’affaires" commente l'industriel britannique.

Une mesure "technique", réversible, sans transfert d'emplois

"Il s’agit d’une mesure technique préventive et réversible qui, selon nous, n’entraîne pas de transfert d’emplois" a toutefois précisé Rolls-Royce. La précision est d'importance car l'industriel emploie plus de 22.000 personnes au Royaume-Uni, ce qui en fait un des plus grands groupes manufacturiers du pays.

Rolls-Royce précise par ailleurs avoir "commencé à constituer des stocks en guise de mesures d’urgence, conformément au calendrier que nous avons fixé cet été". Le constructeur britannique affirme avoir été en relation avec tous ses fournisseurs et "avoir passé en revue les options logistiques" nécessaire pour disposer de la capacité requise.

Comme d'autres entreprises industrielles dépendantes des échanges avec le Vieux continent, Rolls-Royce entend être capable de faire face au possible retour des contrôles douaniers, ce qui passe notamment par la constitution de stocks de pièces détachées.

F.Bergé