BFM Business

Batterie rechargeable: Sony, Sanyo, Panasonic condamnés pour entente

L'enquête de la Commission a révélé que Samsung, Sony, Panasonic et Sanyo ont eu des contacts pour éviter de se livrer une concurrence agressive sur les batteries ion-lithium rechargeables.

L'enquête de la Commission a révélé que Samsung, Sony, Panasonic et Sanyo ont eu des contacts pour éviter de se livrer une concurrence agressive sur les batteries ion-lithium rechargeables. - David Becker-GETTY IMAGES NORTH AMERICA-AFP

La Commission européenne inflige à Sony, Panasonic et Sanyo une amende de 166 millions d'euros. Les trois firmes japonaises ont notamment convenu de hausses de prix temporaires entre 2004 et 2007. Samsung échappe à la sanction pécuniaire pour avoir dénoncé l'entente.

Une entente entre firmes japonaises ourdie hors d'Europe peut être condamnée par Bruxelles. La Commission européenne a sévèrement sanctionné de 166 millions d'euros d'amende Sony, Panasonic et Sanyo pour s'être entendues entre 2004 et 2007 afin de limiter la concurrence sur le marché des batteries rechargeables. Une quatrième entreprise, le sud-coréen Samsung, a également fait partie de l'entente, mais échappe à une amende de 57,7 millions d'euros pour avoir dénoncé les faits.

Ces batteries ion-lithium rechargeables étant utilisées par les PC portables, les smartphones ou les tablettes, l'entente a eu une incidence sur les prix d'un certain nombre de produits vendus aux consommateurs européens. Les trois grandes catégories de batteries ion-lithium sont concernées par l'entente: les cylindriques, utilisées dans les outils électriques et les batteries prismatiques ou polymères, employées dans les smartphones et tablettes.

"La décision adoptée aujourd'hui envoie également un signal fort aux entreprises: dès lors qu'une entente touche des consommateurs européens, la Commission ouvre une enquête, même si les réunions organisées dans le cadre de cette entente ont eu lieu en dehors de l'Europe" a commenté la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.

-
- © -

L'enquête de la Commission a révélé que Samsung, Sony, Panasonic et Sanyo ont notamment convenu de hausses de prix temporaires entre février 2004 et novembre 2007, motivées par une hausse ponctuelle du prix du cobalt, matière première entrant dans la fabrication de batteries ion‑lithium.

Elles ont aussi échangé des informations sensibles sur le plan commercial, telles que leurs prévisions concernant l'offre et la demande, leurs prévisions de prix ou leurs intentions sur des appels d'offres de fabricants de téléphones mobiles, d'ordinateurs portables ou d'outils électriques.

Dans le détail, Sony écope de 29,8 millions d'euros d'amende, Panasonic de 38,9 millions d'euros et Sanyo (racheté en 2009 par Panasonic) de 97,1 millions d'euros. Les trois firmes japonaises ont bénéficié de réductions d'amende, en raison du fait qu'elles ont collaboré à l'enquête. Les firmes incriminées ont reconnu leur participation à l'entente et leur responsabilité à cet égard.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco