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Avion de combat: pourquoi la Suisse hésite encore entre le Rafale et le F-35 américain

La confédération helvétique doit commander une trentaine d'avions de chasse et hésite entre le F-35A américain et le Rafale français. Le débat est vif au sein de gouvernement dont certains redoutent d'acquérir un système contrôlé par les Etats-Unis.

Le contrat suisse d'environ 5 milliards d'euros pour 30 à 40 avions de chasse demande réflexion. Pour remplacer des F-5 Tiger et des F/A-18 Hornet, la Confédération a reçu des offres pour le Rafale (Dassault Aviation), l’Eurofighter Typhoon (Airbus), le F/A-18 Super Hornet (Boeing) et le F-35 (Lockheed-Martin).

Le Conseil fédéral devait dévoiler son choix mercredi 23 juin et plusieurs sources affirmaient que le Rafale était en tête de liste. La date a été repoussée d'une semaine et désormais, le F-35 est revenu dans la course. L'avion américain aurait mieux réussi les tests effectués par Armasuisse incitant, selon le NZZ, la ministre de la Défense Viola Amherd à privilégier l'offre américaine.

En plus des critères techniques, le F-35 aurait aussi "un meilleur rapport qualité-prix en offrant la possibilité d’économiser des heures de vols en effectuant des missions virtuelles", rapporte Le Temps.

Ce revirement ne serait pas sans rapport avec le passage à Genève le 16 juin du président américain pour la rencontre avec Vladimir Poutine. Joe Biden a ouvertement fait la promotion des F-35A et du F/A-18 Super Hornet auprès de Guy Parmelin, président de la Confédération suisse.

On sait que la commande des avions (...) a fait l’objet d’une attention furtive du président des États-Unis (...) lors de sa rencontre Guy Parmelin, mais rien n’a filtré", signale Le Matin.

Un système contrôlé par les Etats-Unis

Mais au-delà des considérations techniques et commerciales, le choix entre les offres européennes et américaines reposent sur des questions géostratégiques qui divisent le gouvernement.

Nombreux sont ceux qui estiment qu’opter pour un avion européen serait plus approprié, après le rejet unilatéral par la Suisse de l’accord-cadre avec l’Europe. La question de la gestion des données est également soulevée par la gauche, qui ne cache pas sa réticence à voir privilégier un système contrôlé par les Etats-Unis", explique Le Temps.

Le choix de l'avion américain pourrait même créer une forte opposition. La Suisse a voté en septembre dernier une ligne de crédit pour financer sa protection aérienne. "49,9% des gens ont dit non", rappelle Le Matin. "S’ils avaient eu à choisir un avion américain à ce moment-là, le non l’aurait emporté".

Il y a déjà un mois, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a annoncé sur Twittrer le dépôt de deux textes contre "les avions de combat états-uniens" qui poseraient selon ce groupe, des problèmes de violations de données sensibles.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco