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Armes hypersoniques: Russes, Chinois et Américains accélèrent pour être prêts dès 2021

La Russie, la Chine et les États-Unis sont au coude à coude pour créer des missiles hypersoniques

La Russie, la Chine et les États-Unis sont au coude à coude pour créer des missiles hypersoniques - USAF

Ces armes atteignent des vitesses cinq à dix fois supérieures à celle du son. Leur déploiement a des enjeux technologiques, mais surtout géostratégiques. En 2018, la Russie, la Chine et les Etats-Unis comptent les rendre opérationnelles d'ici à 2025.

Relier Moscou-Paris (2800 km) en quelques minutes? Un aéronef peut déjà le faire, mais sans passager. Et pour cause, il s’agit des missiles hypersoniques. Ces engins peuvent atteindre des vitesses jusqu’à 10 fois supérieures à la vitesse du son. La course a démarré il y a plus d’une décennie, mais en toute discrétion. Cette année, la Chine, la Russie et les États-Unis ont ouvertement dévoilé leurs projets.

Ces missiles aéro-balistiques sont conçus pour atteindre une cible distante de quelques milliers de kilomètres en quelques minutes seulement et évitant les dispositifs anti-missiles les plus sophistiqués. Pour atteindre ces vitesses sans s'auto-consumer, ils utilisent la méthode de propulsion dite Waverider qui consiste à utiliser les ondes qu’ils génèrent.

12.348 km/h pour le missile russe 

En mars dernier, les russes ont annoncé que les tests du Kinjal (ou Kinzhal) ont été un succès. Ce missile, qui, comme le signalent les autorités russes, peut être équipé d’une ogive nucléaire, se déplace à Mac10, soit 12.348 km/h. Lancé via un MiG-31, le Kinjal se manœuvre à distance pour atteindre sa cible avec une portée de 2000 km.

En début d’année, la Chine a relancé les essais les essais de son missile CH-AS-X-13. Il n’atteint que Mach 6, soit 7344 km/h, mais affiche une portée de 3000 km. Le missile a été lancé d’un bombardier. Le gouvernement chinois ne dit pas quand cet engin sera opérationnel, mais selon les Américains, il pourrait être déployé en 2025.

Les États-Unis travaillent sur ses engins depuis de nombreuses années. En 2004, le programme X-51 a été lancé conjointement avec L'US Air Force, la Darpa, la Nasa et Boeing. Les derniers essais ont été menés en 2013. L'engin a parcouru 430 km à Mach 5. 

Et la France?

Mi-août, l’US Air Force a révélé un nouveau programme confié cette fois à Lockheed Martin. Le constructeur doit mettre au point un nouveau missile de type HCSW (Hypersonic Conventional Strike Weapon) d’ici à 2021. Coût du contrat : un demi-milliard de dollars.

Ces nouvelles armes posent de lourdes inquiétudes. Dès 2017, le Think Tank Rand publié un rapport sur les risques soulevés par les missiles hypersoniques. "Un pays en état d'alerte pourrait confondre le lancement de l'un de ces engins avec le début d'une attaque nucléaire et riposter avec de vraies bombes atomiques", redoute Rand.

"Les États-Unis, la Russie et la Chine doivent s'accorder sur une politique de non-prolifération de ces armes", réclame l'organisation américaine et proposant même que la France ait "un rôle-clé en amenant les autres gouvernements à un accord sur une régulation globale" de ces armes.

Des avions de ligne hypersoniques dans 20 ou 30 ans

La vitesse hypersonique va-t-elle être réservée à l’industrie militaire? Pas vraiment et les projets d’avions a très haute vitesse se développent. En parallèle de son missile, la Chine met au point le "StarrySky 2" dont les essais, mené début août par la China Aerospace Science and Technology Corp auraient été réussis.

De son côté, Boeing a également dévoilé cet été son projet d’avion hypersonique qui pourrait atteindre Mach 5. Cet avion en titane et sans hublot pourrait relier Londres et New York en deux heures. "Ce concept pourrait un jour redéfinir l'aviation et relier le monde plus rapidement que jamais", a expliqué Dennis Muilenburg, CEO de Boeing, dans un tweet dans lequel le dévoile en image cet avion futuriste. Mais il faudra être patient. Cet avion ne devrait pas voir le jour sur le marché avant 20 à 30 ans.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco