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Après le veto de Bruxelles, Alstom repart seul à l'assaut du marché ferroviaire mondial

Outre un faible endettement, "nous avons une situation de trésorerie très excédentaire, très positive", a relevé le patron d'Alstom.

Outre un faible endettement, "nous avons une situation de trésorerie très excédentaire, très positive", a relevé le patron d'Alstom. - Alstom

Fort d'un carnet de commandes de 40 milliards d'euros, le groupe français, contraint de renoncer au rapprochement avec Siemens, repart de l'avant. Mais pourra-t-il échapper à moyen terme à un rapprochement avec un autre acteur?

"Il est impossible de remettre sur la table le projet dans sa version actuelle", a indiqué le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, à l'issue du veto posé par Bruxelles à son rapprochement avec les activités ferroviaires de Siemens.

"Nous allons redéfinir avec les équipes, ensemble, dans le groupe, la meilleure façon de tirer partie du marché très positif que nous allons devant nous", a-t-il dit, estimant qu'il était encore "beaucoup trop tôt" pour annoncer une nouvelle feuille de route. "Nous avons un carnet de commandes de plus de 40 milliards d'euros à exécuter, les équipes sont largement occupées" et la direction va définir un nouveau plan stratégique, a noté le dirigeant.

La trésorerie d'Alstom est très excédentaire

Outre un faible endettement, "nous avons une situation de trésorerie très excédentaire, très positive", a relevé le patron d'Alstom. "Nous avons tout à fait de quoi financer la stratégie 2025 que nous allons mettre en place, que ce soit en termes d'investissements internes, ou externes" a-t-il ajouté.

L'alliance avec Siemens avait "deux buts", a-t-il rappelé: grossir face à la concurrence du chinois CRRC, et "accélérer (le) mouvement vers les technologies digitales". "Le concurrent CRRC reste là, la nécessité d'aller vers le digital reste là. Il faut que nous trouvions d'autres routes pour continuer notre expansion", a-t-il remarqué.

Vers un rapprochement avec un autre acteur ?

Concernant un rapprochement avec un autre acteur, Henri Poupart-Lafarge s'est montré très prudent: "Nous ne sommes pas dans un cas où nous devons absolument bouger, ou nous sommes dans un Monopoly d'acteurs." "Il n'y a pas de nécessité aujourd'hui de replonger, du tout, dans un projet tel qu'avec Siemens dans l'immédiat", a-t-il souligné, alors que le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a laissé entendre que le gouvernement allait réfléchir à d'autres "possibilités de consolidation pour Alstom".

"La Commission ne dit jamais ce qu'elle veut"

Commentant le veto à son union avec Siemens Mobility, le patron d'Alstom a expliqué: "la Commission a une façon très particulière de fonctionner: elle ne dit jamais ce qu'elle veut, elle ne dit que ce qu'elle ne veut pas. Rien ne dit que si on avait proposé autre chose, ça lui aurait plu."

Concernant la suggestion d'ouvrir la technologie des trains à grande vitesse par exemple à d'autres industriels, "je ne suis pas sûr que la vocation d'un nouveau champion européen soit de céder sa technologie la plus en pointe à un acteur étranger", a-t-il pointé. En outre, "ce business n'existe pas" selon lui: les activités d'un constructeur ferroviaire étant intégrés, "il est impossible de déterminer un périmètre simple clair, très cohérent, d'une activité très grande vitesse au sein d'Alstom comme chez Siemens", a plaidé le dirigeant.

Frédéric Bergé avec AFP