BFM Business
Entreprises

Gaz, transports, pétrole... quels groupes ont réalisé des "superprofits" pendant la crise?

Taxer les superprofits des entreprises qui ont profité de la crise? L'idée fait son chemin au sein du gouvernement. Tour d'horizon des groupes qui ont tiré leur épingle du jeu.

Les finances publiques vont mal, alors pourquoi ne pas taxer les multinationales qui ont largement profité de la crise? Au gouvernement, la question n'est pas taboue même si l'exécutif incite d'abord au "collectif" en demandant des "efforts" de la part des entreprises. "Je leur demande de me faire des propositions fortes" a encore lancé le ministre de l'Economie ce mercredi matin sur Cnews.

Il faut dire que certains groupes français ont vu leurs résultats exploser ces derniers mois, affichant des "superprofits" historiques.

A commencer par TotalEnergies, qui a réalisé une année 2021 inédite avec un bénéfice gigantesque de 16 milliards de dollars profitant de la forte hausse des cours des hydrocarbures. Une manne qui n'est pas prête de se tarir alors que le brent s'affiche ce mercredi à 114,19 dollars. Au premier trimestre 2022, le groupe pétrolier a encore dégagé un résultat net de 4,9 milliards de dollars.

Records

C'est donc sans surprise que le gouvernement espère obtenir de nouveaux efforts de la part de TotalEnergies, qui avait annoncé une remise de 10 centimes sur le litre de son carburant. La mesure, clôturée le 15 mai, va néanmoins se poursuivre tout l'été sur les autoroutes. Pressé par l'exécutif, le groupe réfléchit désormais à élargir son offre.

L'autre énergéticien avoir bénéficié de la flambée de l'énergie, c’est Engie. En 2021, son EBITDA a augmenté de 18,6% pour afficher la somme de 10,6 milliards d'euros. Avec la guerre en Ukraine, le prix du gaz a encore explosé et les résultats du groupe aussi: 4,6 milliards d'euros d'EBITDA rien que pour les trois premiers mois de l'année 2022. En revanche, le bouclier tarifaire a limité les bénéfices d'Engie, contraint de bloquer ses tarifs.

En revanche, EDF n'a pas profité des cours de l'électricité. Contraint de vendre une partie de son énergie à bas prix, le groupe est d'ailleurs toujours massivement endetté et se dirige vers une éventuelle nationalisation.

75 millions d'euros par jour

Sur un autre registre, CMA CGM a aussi tiré son épingle du jeu. Peu connue du grand public, cette entreprise fait pourtant des plus grands groupes de fret maritime au monde. Au premier trimestre 2022, son bénéfice a atteint des sommets historiques: 7,2 milliards de dollars sur trois mois, soit 75 millions d'euros par jour. Une manne qui a même permis au transporteur de prendre 9% d'Air France. Cette performance incroyable s'explique par la flambée des prix du fret maritime depuis la fin de la pandémie.

Un autre secteur a profité de la reprise économique: le secteur bancaire. Les géants français ont largement profité de cette embellie comme BNP Paribas, qui a affiché près de 10 milliards d'euros de bénéfices en 2021 ou Société Générale qui a fait mieux que prévu (2,75 milliards de revenus). Difficile, en revanche, de prétendre que le secteur a "profité" de la crise du Covid-19 ou de la guerre en Ukraine. Au contraire, certains groupes vont même y perdre des plumes en cédant leur activité en Russie. Même chose pour Stellantis qui surperformé (13,4 milliards d’euros de bénéfices en 2021) grâce aux synergies nées de la fusion de PSA et Fiat-Chrysler mais qui subit de plein fouet la crise des semi-conducteurs.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business