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Flunch: la direction veut "regénérer" la marque et trouver des repreneurs pour 57 restaurants

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Flunch - DENIS CHARLET

L'enseigne a vu son chiffre d'affaires s'effondrer en raison de la crise sanitaire. Elle souhaite se séparer de 57 restaurants sur les 160 qu'elle détient.

La direction de Flunch, placée en janvier sous procédure de sauvegarde alors que l'enseigne était durement frappée par la crise sanitaire, annonce avoir bon espoir de trouver des repreneurs pour les 57 restaurants qu'elle veut céder et lancer un plan pour "régénérer" la marque. "La marque n'est pas morte, il faut la régénérer", a souligné le directeur général de l'enseigne de restauration, Thierry Bart, dans un entretien à l'AFP mercredi, assurant que "Flunch fonctionnait encore bien avant le Covid".

Né en 1971 et appartenant à la constellation d'entreprises du groupe Mulliez, Flunch revendiquait 55 millions de clients servis par an avant le Covid dans 227 restaurants mais a vu son chiffre d'affaires s'effondrer en 2020. La direction a annoncé vouloir se séparer de 57 restaurants sur les quelque 160 qu'elle détient en propre, et non pas en franchise. Ils emploient environ 1200 salariés.

"On a sollicité une procédure de sauvegarde pour gagner du temps en termes de trésorerie, en attendant la réouverture (prévue le 9 juin, ndlr) et on a organisé un plan de reprise pour ces 57 restaurants parce que notre ambition, c'est de sauver le maximum d'emplois" a souligné ce mercredi Thierry Bart.

"Transformation à 360 degrés"

Il fait état de 25 dossiers de reprise déposés par des salariés ou des franchisés de Flunch et de 38 émanant d'enseignes extérieures. "Je pense qu'on va réduire le PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) de façon déterminée", a-t-il ajouté, sans avancer de chiffre. Flunch offrira des conditions préférentielles à ses collaborateurs, avec entre autres un rachat du fonds de commerce pour un euro symbolique et des formations.

Le dirigeant promet une "transformation à 360 degrés" de l'enseigne à travers le développement de trois nouveaux concepts de restaurants, dont un de "food hall" regroupant divers kiosques, le développement de la livraison et de la vente à emporter. Les syndicats affichent leur scepticisme sur ces projets tout en dénonçant les "discussions très âpres" dans le cadre du PSE.

Parmi les enseignes extérieures qui pourraient reprendre des restaurants figurent "KFC, McDonald's, Domino's Pizza", énumèrent Grégory Dubois (CFDT) et Philippe Delahaye (CFE-CGC), craignant qu'elles emploient "moins de personnel, avec des contrats plus précaires". Quant aux "petits" repreneurs en interne, les délégués syndicaux doutent qu'ils aient les moyens d'investir pour développer ces concepts. Selon un rapport d'audit présenté au Comité social et économique, le groupe Mulliez a privilégié ces dernières années le versement de dividendes et le développement d'autres marques qu'il détient plutôt que d'investir dans Flunch.

P.L. avec AFP