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Université Total: conclusion et perspectives

Le directeur-général de Total a clôturé l'Université.

Le directeur-général de Total a clôturé l'Université. - -

En clôture de l’Université Total, Jean-Michel Salvator a demandé à Patrick Pouyanné, directeur général de Total, de revenir sur la direction que le groupe a engagée.

Prendre la parole pour faire progresser le débat public

Christophe de Margerie avait souhaité que les industriels de l’énergie prennent toute leur place dans le débat traitant du dérèglement climatique. Organiser l’Université Total, c’est aussi reconnaître l’importance de ce sujet pour Total.

Pour une entreprise qui travaille dans le pétrole et le gaz, il existe une responsabilité particulière, due à l’impact de ses actions, et il est indispensable qu’elle soit à l’écoute du monde, fasse progresser le débat et réfléchisse collectivement sur les innovations qui peuvent répondre à la problématique climatique.

La menace doit se muter en opportunités et le modèle que Total veut mettre en place, c’est celui d'une entreprise énergétique qui intègre toutes les contraintes: environnementales, économiques, humaines.

Une campagne pour marquer cet engagement

Pour Patrick Pouyanné, "Committed to better energy", n’est pas une simple campagne de publicité. C’est un projet d’entreprise et un engagement. Le résultat d’une démarche interne qui veut traduire l’ADN de Total. Il témoigne de l’engagement des 100.000 salariés du groupe pour produire de l’énergie. Produire plus, car il faudra davantage d’énergie dans l’avenir, mais aussi produire mieux, c’est-à-dire en tenant compte de l’environnement et du développement humain".

Le mieux intégrant également le coût de l’énergie qui doit rester le plus accessible possible.

Cette campagne institutionnelle mondiale doit expliquer dans 21 pays où opère Total en quoi l'entreprise souhaite évoluer du modèle pétrolier vers un modèle de fournisseur d’énergies –pétrole, gaz, solaire-, en notant au passage que le groupe produit aujourd’hui plus de gaz que de pétrole. L’idée n’est donc pas d’opposer les énergies.

L'Europe doit respecter les rythmes mondiaux

Le directeur-général du groupe plaide pour une véritable politique européenne de l’énergie, regrettant au passage la "balkanisation de l’énergie", autrement dit la trop forte disparité entre les diverses nations en matière de politiques énergétiques.

"L’Europe doit se penser dans le monde. Respecter les rythmes mondiaux. Et ne pas courir trop vite en tête".

Patrick Pouyanné fait allusion aux fortes différences d’objectifs en terme de réductions d’émissions carbone. Rappelant au passage que les investissements se font d’abord là où l’énergie est la moins chère, c’est-à-dire, actuellement, en Amérique du Nord.

"Veillons à la compétitivité de notre industrie et, sans naïveté, si nous développons une vraie politique européenne de l’énergie, on peut prendre le pari des 40% de réduction à horizon 2040".

Yves Cappelaire