BFM Business

Université Total: à l’heure des changements

Jeffrey D. Sachs, professeur d'économie et Jérôme Schmitt, directeur développement durable de Total : Quel rôle pour un acteur majeur de l’énergie ?

Jeffrey D. Sachs, professeur d'économie et Jérôme Schmitt, directeur développement durable de Total : Quel rôle pour un acteur majeur de l’énergie ? - -

Les interventions et tables-rondes de la matinée ont toutes parlé d’une même voix. Les enjeux environnementaux et climatiques liés à la production et à la consommation d’énergie sont incontournables, en même temps qu’ils doivent générer des opportunités.

Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles

C’est la formule utilisée par Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention Cadre des Nations-Unies sur le Changement Climatique (UNFCCC), soulignant que "le temps des changements marginaux sur le climat est derrière nous". Le consensus établi sur le récent rapport du GIEC doit "inviter entreprises et institutions à engager des transformations de modèles économiques en migrant du fossile vers le renouvelable".

C’est, de son point de vue, une question de responsabilité globale devant la menace d’un réchauffement supérieur à 2°C. Car personne "ne peut lutter de manière isolée, la solution étant collective".

Des signaux encourageants

Au lendemain de la signature d’un accord climatique entre les deux plus gros émetteurs de CO2 –Chine et USA-, certains chiffres sont éloquents.

La Chine consomme aujourd’hui 20% de l’énergie mondiale, avec une projection à 2040 qui précise que ce pays demandera 50% de l’énergie issue du charbon.

Sur la même période, la Californie souhaite atteindre les 100% d’énergie renouvelable.

Comme le précise Zhang Xiliang, directeur de l'Institut de l'énergie, de l'environnement et de l'économie de l'Université de Tsinghua, Pékin, "L’accord entre la Chine et les USA ouvre la voie à un accord pour la COP21". Dont acte.

Le temps de l’action

La table ronde consacrée aux opportunités liées au changement climatique a donné des pistes d’actions et de progrès.

Bruno Rebelle, fondateur du cabinet de conseil Transitions membre du comité de pilotage du débat sur la transition énergétique, rappel que "le coût de l’inaction, chiffré par Nicolas Stern (entre 5 et 20 milliards $) est très largement supérieur à celui de l’action". Écornant au passage les subventions aux énergies carbonées, 100 $ par baril, qui "devraient plutôt être des taxes". 

La transition énergétique passera donc par une logique d’investissement, principalement bénéfique aux territoires, mais aussi à notre balance commerciale qui dépense 70 milliards € annuellement pour importer des énergies fossiles.

Comme le résume Pierre-Noël Giraud, économiste et professeur d’économie à Mines ParisTech et Dauphine "La conscience verte n’est pas gratuite !".

Gratuite, sans doute, l’application iPad présentée par Luc Rémont, Président de Schneider Electric France, qui permet de gérer intelligemment les bâtiments à distance. Un exemple pertinent d’opportunité économique et industrielle, basée sur la sobriété, le premier étage de la transition énergétique. Celle-ci illustre ces nouveaux métiers -tant attendus- que devrait générer la transition énergétique.

"Nouveaux métiers, sans doute", tempère Pierre-Noël Giraud, "à condition qu’elle soit pérenne…".

Il vaudrait mieux, ce sont entre 600.000 et 800.000 emplois qui sont attendus à l’horizon 2015.

Bonne nouvelle, les start-up qui présentent leurs innovations liées à l’énergie en quelques minutes génèrent déjà des emplois !

Reprise des débats et du live à 13h45

Yves Cappelaire