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Une ville chinoise met en sommeil un projet nucléaire porté par Areva

Face à la pression de ses administrés, la ville de Lianyungang a décidé de suspendre les préparatifs entrepris en vue de l’implantation d’une usine franco-chinoise de traitement de combustible nucléaire usé.

Les habitants de Lianyungang ne veulent plus accueillir d'activités nucléaires sur leur territoire. Des milliers de personnes ont récemment manifesté devant plusieurs bâtiments publics, s'alarmant des possibles effets néfastes de "l'usine franco-chinoise" de recyclage de combustible nucléaire qui pourrait être implantée dans cette cité. 

Selon l'AFP, après une mobilisation de plusieurs jours d'habitants en colère, les autorités de cette ville située dans l'est de la Chine, à 480 kilomètres au nord de Shanghai, ont décidé de "suspendre temporairement" leur participation au processus de sélection d'un lieu pour le futur site nucléaire. Alors même qu'une centrale nucléaire de grande ampleur est actuellement construite à proximité par China National Nuclear Corporation (CNNC). 

Un projet évoqué en 2015... 

Pour rappel, le français Areva avait signé en 2015 avec le géant chinois du nucléaire CNNC un protocole d'accord dans le cadre d'un projet de développement d'une usine de traitement-recyclage des combustibles usés en Chine. L'idée étant d'implanter en Chine l'équivalent du site français de La Hague (Manche), c'est-à-dire une installation capable de traiter 800 tonnes de combustible et doublée d'un site d'entreposage d'une capacité de 3.000 tonnes. 

Ce projet évalué à 100 milliards de yuans (13,5 milliards d'euros) est jugé "crucial" pour le groupe français, qui a décidé de recentrer ses activités dans la gestion du cycle du combustible. En mars dernier, Xu Dazhe, le président de l'Agence chinoise de l'Énergie atomique avait confirmé que les discussions avec Areva se poursuivaient, tout en précisant qu'il y "avait encore beaucoup de chemin à parcourir avant de conclure (la négociation) à la fois techniquement et commercialement."

... qui n'aboutira qu'à l'horizon 2030

Comme l'explique Le Monde, si l'accord entre CNNC et Areva parvient à être signé, la construction du complexe de traitement pourrait débuter, au mieux, en 2020 et s'achever à l'horizon 2030. Dans tous les cas, les experts chinois sont formels, le pays va devoir se doter d'usines de traitement des combustibles usés. Selon la fédération World Nuclear Association (WNA), 20 nouveaux réacteurs nucléaires sont actuellement en construction dans le pays. Des installations qui vont s'ajouter à terme aux 34 réacteurs déjà en fonctionnement. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV