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Un fermier péruvien part en guerre contre l’énergéticien allemand RWE

Un fermier péruvien accuse l'énergéticien allemand RWE d'être responsable de la fonte des glaces dans sa région (image d'illustration)

Un fermier péruvien accuse l'énergéticien allemand RWE d'être responsable de la fonte des glaces dans sa région (image d'illustration) - dyonis - Flickr - CC

Vivant dans le nord du Pérou, cet agriculteur vient de lancer une procédure judiciaire contre le premier producteur européen de charbon, l’accusant d’être responsable de la fonte des glaces dans les Andes.

En matière de prévention du réchauffement climatique, tous les coups sont permis. Soutenu par l’organisation environnementale allemande Germanwatch, Saúl Luciano Lliuya, un fermier vivant à Huaraz, dans le nord du Pérou, réclame quelque 20.000 euros à RWE afin de financer des travaux de sécurisation de son village

Aux yeux du plaignant, l'énergéticien allemand est responsable "d’émissions de CO2 considérables", liées à l’exploitation de ses centrales électriques à charbon. Ce Péruvien estiment que ces activités contribuent "à la hausse mondiale de la température et causent la fonte des glaciers". L’avocate du fermier -qui avait déjà réclamé une participation financière à RWE avant d'ester en justice - ajoute que cette situation "menace gravement les biens" de son client. 

Une première judiciaire

Divers experts s'accordent sur le risque réel qu'encourent les habitants de la zone entourant le village de Huaraz. Le glissement d'un pan du glacier Cupi dans le lac Palcacocha provoquerait un violent raz-de-marée submergeant la petite bourgade. 

Selon Germanwatch, "le dépôt d’une plainte contre une entreprise par une personne affectée par le changement climatique" constitue une première.

Contacté par l’AFP, le groupe RWE s’est refusé à tout commentaire, précisant seulement "avoir appris l’affaire par voie de presse". De son côté, le tribunal de grande instance d’Essen (ouest de l’Allemagne) n’a pas non plus confirmé le dépôt d’une telle plainte. Selon un porte-parole de la cour, l’enregistrement informatique dure "généralement de deux à trois jours".

Antonin Moriscot