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Selon une étude de Greenpeace, le nucléaire "asphyxie" l’avenir d’EDF

Selon cette étude, "le sous-provisionnement global est évalué entre 57,3 et 63,4 milliards d'euros en 2025", alors que les fonds propres du groupe sont de 25 milliards d'euros.

Selon cette étude, "le sous-provisionnement global est évalué entre 57,3 et 63,4 milliards d'euros en 2025", alors que les fonds propres du groupe sont de 25 milliards d'euros. - Philippe Desmazes - AFP

Selon l’ONG, la "principale inquiétude" porte sur une sous-évaluation des coûts du démantèlement des réacteurs et de la gestion des déchets.

Des centrales électriques "probablement" surévaluées et des coûts de démantèlement et de gestion des déchets "drastiquement" sous-évalués: une étude du cabinet d'analyse financière AlphaValue, commandée par Greenpeace, éreinte la stratégie nucléaire d'EDF et sa situation financière.

Selon cette étude, publiée ce jeudi et intitulée "EDF asphyxiée par le nucléaire", "la principale inquiétude" pour l'électricien porte sur un "sous-provisionnement" des coûts du démantèlement des réacteurs et de la gestion des déchets.

AlphaValue estime que "le sous-provisionnement global est évalué entre 57,3 et 63,4 milliards d'euros en 2025", soit bien plus que les fonds propres actuels du groupe proches de 25 milliards d'euros.

Pour ses calculs, le cabinet se base notamment sur des hypothèses de plusieurs rapports de la Cour des Comptes, parfois différentes de celles utilisées par EDF, sur les coûts de déconstruction des centrales et la nécessité de fermer au moins 17 réacteurs pour respecter les objectifs de la loi sur la transition énergétique.

La réduction du nucléaire entraînera une hausse des prix

Par ailleurs, AlphaValue estime qu'EDF devrait "envisager (...) une dépréciation de (ses) actifs nucléaires et thermiques" dans ses comptes, autrement dit revoir à la baisse la valeur de son parc de centrales nucléaires et de ses centrales conventionnelles fonctionnant au charbon, au gaz ou au fioul.

Le cabinet le justifie par le bouleversement des marchés de l'énergie en France et en Europe, avec le développement des énergies renouvelables et une demande de courant qui devrait légèrement baisser dans les prochaines années, ainsi que par la loi sur la transition énergétique qui prévoit la réduction de la part de l'atome en France.

Enfin, l'étude se penche sur les investissements à venir d'EDF (projet Hinkley Point, grande maintenance du parc français, énergies renouvelables, rachat de la branche réacteurs d'Areva, etc.) et conclut qu'ils s'élèvent à plus de 160 milliards d'euros d'ici 2025, soit plus de 15 milliards d'euros par an.

Seul élément positif pour l'électricien, selon AlphaValue, la réduction de capacités nucléaires entraînera une hausse des prix de l'électricité qui "aura un effet positif à l'horizon 2025" sur le chiffre d'affaires, les revenus et la trésorerie d'EDF.

P.S. avec AFP