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Scandale Uramin: Areva aurait menti à l’État

Anne Lauvergeon était présidente d'Areva à l'époque du rachat d'Uramin.

Anne Lauvergeon était présidente d'Areva à l'époque du rachat d'Uramin. - Joel Saget -AFP

Selon Libération, des éléments mettant en lumière les risques du rachat d’Uramin par Areva auraient été dissimulés. Le rôle du mari d’Anne Lauvergeon fait également l’objet d’interrogations.

Areva aurait sciemment menti à l'État sur le désastreux rachat du canadien Uramin, payé 1,8 milliard d'euros en 2007. C’est en tout cas la thèse défendue par Libération qui, sur la base de documents confidentiels, affirme que de nombreux éléments montrant l’absence de viabilité du projet auraient été dissimulés.

Pour rappel, Areva - dont l'État est actionnaire majoritaire - avait racheté Uramin, une "junior" minière possédant des permis d’exploitation en Afrique, à prix d’or et avec l’accord de l’Agence des participations de l’État. Pour ensuite se rendre compte que les gisements convoités étaient inexploitables, initiant la descente aux enfers du groupe français.

Dès 2014, un prérapport de la Cour des comptes affirmait déjà que cette affaire laissait "apparaître des fautes individuelles ou des manquements, ne serait-ce que des défauts de surveillance, voire de la dissimulation". Reste à savoir par qui.

Un banquier belge dans le viseur

Daniel Wouters, un banquier belge, fait ainsi l’objet d’une attention toute particulière. Son entreprise spécialisée dans l’exploitation de mines d’or, Swala, compte en effet comme actionnaires deux sociétés suspectées d’appartenir aux deux actionnaires principaux d’Uramin. Or, Daniel Wouters est l’homme qui a piloté le rachat d’Uramin pour Areva. Les trois hommes négociaient donc pour cette opération, tout en étant associés par ailleurs.

Autre personnage dont le rôle pourrait être central: Olivier Fric. Selon Libération, l’homme possédait à son domicile de nombreux documents confidentiels à propos d’Uramin, et aurait formulé une demande pour entrer au capital de Swala. Détail important: Olivier Fric n’est autre que le mari d’Anne Lauvergeon, alors présidente d’Areva.

Y.D.