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Pourquoi les stations de recharge pour voiture à hydrogène sont encore rares en France

Air Liquide ouvrira en 2018 de nouvelles stations hydrogène en région parisienne, une près de Versailles et une à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle.

Air Liquide ouvrira en 2018 de nouvelles stations hydrogène en région parisienne, une près de Versailles et une à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. - Air Liquide

Air Liquide a ouvert à Orly sa deuxième station de recharge en Ile-de-France pour voiture à hydrogène. Deux autres sont prévues en 2018 par l'industriel sur le marché balbutiant de l'offre de distribution d'hydrogène en France.

La voiture à hydrogène est-elle atteinte en France du syndrome de la poule et l'oeuf? Jusqu'ici reléguée loin derrière les véhicules électriques à batterie Lithium-Ion, la filière hydrogène française émerge à peine avec le soutien actif et intéressé du puissant groupe de gaz industriels Air Liquide.

À l'heure où l'Allemagne avec son projet H2 Mobility déploie un réseau national de 100 stations d'ici 2018, la France reste à la traîne. C'est pourquoi, associé à ADP, l'industriel français (partenaire d'H2 Mobility, outre-Rhin) veut accélérer le pas dans l'Hexagone. Il ouvre une station de distribution d'hydrogène à l'aéroport d'Orly, première du genre en zone aéroportuaire en France et deuxième en Île-de-France. Cette station alimente la flotte de taxis parisiens fonctionnant à l'hydrogène (Toyota Mirai et Hyundai IX35 fuel cell) lancée fin 2015 par la start-up Step (société du taxi électrique parisien).

La flotte de taxis hydrogène parisiens Hype a été lancée par la start-up STEP fin 2015, en partenariat avec Air Liquide.
La flotte de taxis hydrogène parisiens Hype a été lancée par la start-up STEP fin 2015, en partenariat avec Air Liquide. © Air Liquide

Grâce à ce partenariat, Air Liquide combat le syndrome de la poule et de l’œuf qui freine le décollage de ces véhicules électriques mus grâce à leur pile alimentée par l’hydrogène. L'industriel apporte le ravitaillement en énergie à cette flotte de 60 taxis (600 prévus en 2020) lesquels, en retour, sont autant de clients pour ses stations. Ces taxis disposaient déjà d'une station de recharge installée par Air Liquide près du Pont de l'Alma à Paris.

Air Liquide poursuivra en 2018 l'implantation de stations hydrogène en région parisienne, l'une à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle et une autre près de Versailles (Yvelines).

L'essor de ces réseaux de station de recharge est en partie freiné par la cherté de cette filière, en dépit ses atouts liés à la recharge en cinq minutes d'un véhicule pour une autonomie d’environ 500 kilomètres. "C'est compliqué d'avoir un modèle d'affaires, alors qu'il y a encore beaucoup de sujets à traiter pour réduire les coûts, dans la production d'hydrogène, l'infrastructure de recharge, ou la pile à combustible elle-même", explique à l'AFP Gaëtan Monnier, de l'institut IFP Énergies nouvelles.

Les régions, aussi, investissent dans la filière hydrogène

Coûteuse (1 à 2 millions d'euros), une seule station de recharge pour voiture à hydrogène mobilise une aire de stockage pour le gaz, une zone de compression et de stockage tampon et un espace de distribution.

En dépit de ces freins économiques et du peu d'offres de véhicules disponibles (Toyota, Honda, Hyundai), les derniers mois ont été prolifiques pour la filière hydrogène en France: la ville de Pau a lancé le premier projet français de ligne de bus électriques alimentés à l'hydrogène, avec Engie et le fabricant belge de bus Van Hool.

La région Auvergne-Rhône-Alpes veut déployer vingt stations de recharge et une flotte de 1000 véhicules à hydrogène dans le cadre du projet Zero Emission Valley. De son côté, la région Grand Est, grâce à la communauté d'agglomération Sarreguemines Confluence, a inauguré en avril 2017 une station de recharge permettant de produire sur site et à la demande de l'hydrogène à partir d'énergies renouvelables grâce à un électrolyseur.

Enfin, les premiers vélos électriques à hydrogène en France ont été mis en service à Saint-Lô (Manche) le 11 décembre 2017, tous conçus par la PME française Pragma Industries.

Frédéric Bergé