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Pourquoi l'Écosse dit "oui" au gaz de schiste américain

27.500 mètres cubes d’éthane liquéfié viennent d’arriver à Grangemouth, une raffinerie de la société Ineos située près d'Edimbourg.

27.500 mètres cubes d’éthane liquéfié viennent d’arriver à Grangemouth, une raffinerie de la société Ineos située près d'Edimbourg. - Andy Buchanan - AFP

Un pétrolier en provenance des États-Unis vient d’acheminer la première cargaison de gaz de schiste au Royaume-Uni où la fracturation hydraulique ne donne lieu à aucune exploitation commerciale.

Les livraisons de gaz de schiste s'accélèrent en Europe. Quelques mois après la Norvège et le Portugal, l'Écosse vient de recevoir sa première cargaison de gaz de schiste. Cette fois-ci, il n'est nullement question que ce gaz "non conventionnel" se retrouve dans les gazinières et les chaudières des Écossais. Ces hydrocarbures importés sont destinés à l'industrie. Le pétrolier JS Ineos Insight a donc remis mardi 27 septembre sa cargaison, soit 27.500 mètres cubes d'éthane liquéfié, à Grangemouth, une raffinerie située sur la rivière Forth, près d'Édimbourg.

Ineos, l'entreprise suisse qui a conduit les opérations, a investi quelque 2 milliards de livres (2,3 milliards d'euros) pour monter un "pipeline virtuel" composé de huit tankers chargés d'apporter régulièrement des cargaisons de schiste américain au Royaume-Uni, ou en Norvège sur d'autres sites de l'entreprise. Selon ce géant de la pétrochimie, de nouvelles livraisons devraient arriver toutes les trois semaines à Grangemouth, où l'éthane sera utilisé pour fabriquer des matières plastiques et produire des bouteilles, des emballages alimentaires ou des câbles.

Les dirigeants d'Ineos assurent que cette stratégie va permettre de soutenir des milliers d'emplois industriels en Écosse, même si la méthode controversée de la fracturation hydraulique divise l'opinion.

"Le gaz de schiste à transformé les États-Unis"

D'après l'AFP, Jim Ratcliffe a estimé lors d'une conférence de presse que la production de gaz de schiste avait non seulement le potentiel pour sauver le site de Grangemouth, mais aussi d'enrayer le déclin industriel britannique. Selon lui, "le gaz de schiste a complètement transformé les États-Unis." Aussi, l'industriel estime qu'il n'y a "aucune raison que cette ressource ne soutienne pas l'industrie britannique comme elle l'a fait en Amérique". 

Comme le rapporte l'AFP, le président de la société suisse a également taclé les autorités écossaises, les accusant "d'hypocrisie" pour leur empressement à accepter la livraison de gaz de schiste américain alors qu'elles refusent, dans le même temps, tout forage direct sur leur territoire.

À l'image de la France, l'Écosse estime que la fracturation hydraulique est une méthode dangereuse et trop peu respectueuse de l'environnement. Or, ce territoire du nord du Royaume-Uni subit l'arrivée à maturité des champs pétroliers de la mer du Nord et l'impact de la chute des cours mondiaux. Malgré un léger rebond de la production pétrolière l'an passé, ce pan majeur de l'industrie britannique a perdu 120.000 emplois directs et induits depuis deux ans selon un rapport publié par la fédération du secteur. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV