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Où s’arrêtera la chute des cours du pétrole?

Les cours du pétrole ont baissé de plus de moitié depuis le mois de juin.

Les cours du pétrole ont baissé de plus de moitié depuis le mois de juin. - Franck Fife - AFP

Après le WTI, le baril de Brent est passé à son tour sous la barre des 50 dollars, mercredi 7 janvier. Et la tendance n’est pas vraiment au rebond.

La dégringolade se poursuit. Mercredi, le baril de Brent a chuté sous la barre symbolique des 50 dollars pour la première fois depuis 2009, amplifiant le plongeon des cours du pétrole plombés par une guerre des prix entre producteurs et des inquiétudes sur la reprise économique.

Le Brent de la mer du Nord pour livraison en février, la référence européenne du brut, a chuté jusqu'à 49,66 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres à 9h30 (heure française), avant de se reprendre quelque peu.

La référence américaine du brut, le "light sweet crude" (WTI), avait quant à lui chuté sous les 50 dollars dès lundi, et pointait mercredi à 47,06 dollars à 9 heures 30. Les cours de l'or noir ont baissé de plus de moitié depuis juin dernier, à cause d'une offre surabondante et d'inquiétudes sur la demande, sur fond de reprise économique incertaine.

Pas de rebond sans décision de l'Opep

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) s'est refusée jusqu'à présent à envisager toute réduction de sa production. "Le mouvement sous les 50 dollars montre bien quelle est la tendance, et sans signe de l'Opep face à la surproduction, il est probable que nous assistions à une chute vers les 40 dollars dans les semaines à venir - a fortiori vu que la demande ne repart pas", a expliqué à l'AFP Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

"La faible croissance et la faible demande en Chine et en Europe devraient rester les principaux facteurs à mesure que la bataille pour les parts de marché s'intensifie. Il y aura sans doute encore de fortes oscillations dans l'intervalle mais la direction générale semble claire, à moins que l'Opep n'intervienne", a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite, de son côté, vient de réduire ses prix de vente officiels pour livraison en février vers l'Europe et les États-Unis, fidèle à sa nouvelle stratégie de protection de ses parts de marché, selon plusieurs analystes. Début décembre, elle avait déjà baissé drastiquement ses prix officiels pour le brut exporté vers l'Asie et les États-Unis mais pas vers l'Europe. Une décision alors largement interprétée comme une nouvelle étape dans la "guerre des prix" visant notamment à contrer le développement du pétrole de schiste américain, plus cher à extraire.

Y.D. avec AFP