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"Nous pouvons devenir leader dans les énergies renouvelables"

Trois questions à François De Rugy sur le nucléaire

Trois questions à François De Rugy sur le nucléaire - -

François De Rugy, coprésident du groupe EELV à l’Assemblée nationale, évoque l’avenir du secteur de l’énergie et balaye dans le même temps quelques idées reçues.

BFM Business : En tant que représentant d'EELV au sein de la majorité, comment envisagez-vous la stratégie économique du gouvernement concernant le nucléaire?

François De Rugy: Il y a deux options. La première, c’est de dépenser de l’argent pour prolonger la vie de nos vieilles centrales de 10, 20, voire 30 ans. Il s’agit là d’investissements très lourds avec des risques accrus en termes de sécurité. La seconde, c’est de dépenser cet argent dans le démantèlement de ces centrales et d’investir dans le développement des énergies renouvelables. C’est dans cette voie que le pays doit s’engager.

Quitte à lâcher l'un des derniers secteurs où la France est encore leader?

Mais nous pouvons aussi devenir leader dans le secteur des énergies renouvelables! D’ailleurs, Areva l’a bien compris et a décroché un contrat de deux milliards d’euros à l’export -avec l’Allemagne- pour des éoliennes! Les choses avancent lentement car Areva, comme EDF, préfèrent continuer à faire ce qu’elles savent déjà faire.

Ce n'est donc pas un problème de coût, selon vous...

Au contraire. Il faut savoir que le kilowattheure sorti de l’EPR de Flamanville, par exemple, coûtera plus cher que celui sorti des éoliennes. Il y a également le problème de l’uranium, qui est une matière très rare et qui nous oblige à nous approvisionner dans des pays comme le Niger. Ce qui nécessite un encadrement militaire pour les convois, sans compter le prix qui grimpe à mesure que cette matière se raréfie. Aujourd'hui, la défense du nucléaire n’est pas un problème de coût, mais plus d’idéologie.

Yann Duvert