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Les chantiers de Saint-Nazaire se lancent dans les énergies renouvelables

STX construit actuellement une sous-station électrique pour un champ d'éoliennes en mer du Nord.

STX construit actuellement une sous-station électrique pour un champ d'éoliennes en mer du Nord. - -

STX France, à Saint-Nazaire, produit des équipements pour un champ d'éoliennes en mer du Nord. Le groupe espère se développer dans le secteur, pour assurer son activité pendant les périodes creuses dans la construction navale.

Des éoliennes pour remplacer les paquebots? Les chantiers navals de Saint-Nazaire restent dans le maritime, mais se lancent dans les énergies renouvelables au lieu des navires. En effet, STX construit actuellement une sous-station électrique pour équiper un champ d’éoliennes en mer du Nord.

Ce dispositif concentre l’énergie produite par les éoliennes avant la mise à disposition dans le réseau électrique. Une sous-station électrique rapporte entre 30 et 50 millions d’euros. "Trois sous-stations, cela représente l’équivalent d’un ferry", précise la direction de STX.

Pour les chantiers, les énergies marines renouvelables peuvent être une source de revenus non négligeable. "La construction navale est une activité très cyclique et nous cherchons des voies de diversification", explique-t-on chez STX France, qui s’intéresse au secteur depuis quatre ans.

Une ligne de production dédiée?

Pour le moment, la société ne fabrique d’une seule de ces sous-stations, qui doit être livrée en avril 2014. Mais à terme, les chantiers français envisagent de les produire en série, de même que les fondations métalliques pour les mâts d’éoliennes.

STX compte sur des commandes dans le cadre de l’appel d’offres pour les éoliennes en mer sur les côtes françaises. La société pourrait alors créer un site de production dédié.

Construire des paquebots et des socles n’est pas tout à fait pareil, concède le groupe, notamment sur les outils de levage et la peinture, qui doit résister à une immersion prolongée.

Autant de travail que sur un paquebot

Le marché des énergies renouvelables permettrait d’assurer des commandes aux chantiers de Saint-Nazaire durant les périodes creuses pour les bateaux. Selon STX, ce secteur pourrait représenter 20 à 25% de son chiffre d’affaires d’ici cinq ans, et entre 300 et 500 emplois.

"Il y a potentiellement autant de travail pour STX sur un grand parc d’une centaine d’éoliennes que sur un paquebot de taille moyenne", justifie le groupe. Actuellement, 200 personnes travaillent déjà dans la division énergies marines renouvelables.

Audrey Dufour