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Les actionnaires d'Areva valident la restructuration du groupe

Les résolutions présentées aux actionnaires en assemblée générale extraordinaire ont été approuvées à 99,99% des voix. (image d'illustration)

Les résolutions présentées aux actionnaires en assemblée générale extraordinaire ont été approuvées à 99,99% des voix. (image d'illustration) - Éric Piermont - AFP

Réunis en assemblée générale extraordinaire, les actionnaires d'Areva ont approuvé ce jeudi la réorganisation du groupe nucléaire français, en difficulté.

Areva se transforme. Les résolutions approuvant la mise en place de cette nouvelle organisation, qui passe par le transfert à une nouvelle filiale des activités liées au combustible nucléaire, ont été approuvées à 99,99% des voix. 

À l'issue de cette restructuration, lancée sous la houlette de l’État français, actionnaire à près de 87% de l’entreprise, le "nouvel Areva" se recentrera sur les activités liées au cycle du combustible (de l’extraction de l’uranium dans les mines au démantèlement des centrales), regroupées au sein de la nouvelle société NewCo. La holding Areva SA conservera environ 40% de NewCo, tandis que l’État français en détiendra directement ou indirectement, via Areva SA, au moins 67%.

Dans le cadre de ce plan de sauvetage, Areva doit également bénéficier d’une augmentation de capital totale de 5 milliards d’euros début 2017 et céder son activité réacteurs (Areva NP) à EDF. La signature du contrat de cession de cette entité, valorisée à 2,5 milliards d’euros, devrait intervenir "d’ici à la fin du mois de novembre" pour une finalisation de l’opération prévue au second semestre 2017 précise Stéphane Lhopiteau, le directeur financier de l'entreprise. 

L'ex-société Areva NP conservera plusieurs contrats 

Après la cession, New NP serait détenue majoritairement par EDF, aux côtés d’investisseurs tiers, tandis que la participation de NewCo s’élèverait à 15%. La société Areva NP -ancienne dénomination de l’activité réacteurs- restera logée au sein d’Areva SA et ne conservera que certains contrats, dont celui de la construction de l’EPR finlandais, EDF souhaitant en être immunisé en raison d’importants retards et surcoûts.

La recapitalisation d'Areva se fera à hauteur de 3 milliards d'euros pour NewCo, souscrite à la fois par l'État et des investisseurs tiers. "Les discussions avec les investisseurs tiers pour entrer au capital de NewCo ont progressé et nous attendons la remise d'offres engageantes dans les prochaines semaines" a précisé Stéphane Lhopiteau. Ces discussions ont lieu avec le chinois CNNC, le japonais MHI et le kazakh Kazatomprom. 

La Commission européenne examine désormais le dossier 

Ces engagements sont nécessaires pour assurer que l'État français agit "en investisseur avisé" et que son intervention financière ne constitue pas une aide d'État. Comme l'explique Philippe Varin, le président du conseil d'administration d'Areva "les investisseurs tiers peuvent apporter une valeur à la société, puisqu'il s'agit d'investisseurs qui seront des investisseurs stratégiques". Ce dernier précise que "le choix de ces investisseurs tiers est soumis à l'approbation de l'État, qui examinera si effectivement cet actionnariat est compatible avec les intérêts de la France". 

De son côté, Areva SA bénéficiera d'une injection de 2 milliards d'euros souscrite par l'État. 

Toutes ces opérations sont cependant soumises au feu vert de la Commission européenne, qui devrait se prononcer "dans les prochaines semaines" en ce qui concerne les augmentations de capital. Pour ce qui est de New NP, Bruxelles ne devrait pas se positionner avant l'été 2017 avait prévenu fin octobre le patron de l'Agence des participations de l'État, Martin Vial. 

A.M. avec AFP