BFM Business

Le Tadjikistan prépare la mise en service du barrage le plus haut du monde

Le président tadjik Emomali Rakhmon lors de la cérémonie d'ouverture du chantier en octobre 2016.

Le président tadjik Emomali Rakhmon lors de la cérémonie d'ouverture du chantier en octobre 2016. - Tadjikistan President Press Office - AFP

L'ex-république soviétique d'Asie centrale souffre souvent de coupures de courant en hiver. Le barrage hydroélectrique de Rogun, haut de 335 mètres, devrait à terme produire l'équivalent de trois réacteurs nucléaires.

Le Tadjikistan compte mettre en service en novembre un gigantesque barrage hydroélectrique, censé devenir le plus haut du monde. Le barrage de Rogoun va mettre en route sa première turbine le 16 novembre, a indiqué la télévision, citant Pietro Salini, à la tête de Salini Impregilo, le groupe italien chargé du projet.

La construction de ce barrage a fait l'objet de discussions mercredi entre Pietro Salini et le président tadjik, Emomali Rakhmon, selon la même source. Lancée en octobre 2016, la construction de ce barrage, situé à 100 kilomètres à l'est de Douchanbé, devra atteindre une hauteur de 335 mètres. Le titre du plus haut barrage du monde était jusqu'à présent détenu par le barrage de Jingping, en Chine, qui culmine à 305 mètres. 

Mais il faudra attendre une dizaine d'années avant que le barrage n'atteigne sa capacité totale de 3.600 mégawatts, selon le groupe italien Salini Impregilo chargé du chantier à 3,9 milliards de dollars (3,1 milliards d'euros). A titre de comparaison, cela représente trois réacteurs nucléaire de nouvelle génération du géant russe Rosatom.

Une construction "vitale" pour le pays

Ex-république soviétique très pauvre d'Asie centrale, le Tadjikistan souffre souvent de coupures de courant en hiver. Dans ce contexte, le président a estimé que la construction du barrage de Rogoun était "vitale" pour le pays.

L'Ouzbékistan voisin, plus peuplé et puissant militairement que le Tadjikistan, s'est longtemps opposé avec fermeté à ce projet imaginé dès les années 1970 par l'Union soviétique: le secteur agricole ouzbek, notamment la culture du coton, dépend de l'eau venant du Tadjikistan.

Depuis l'élection à la tête de l'Ouzbékistan de Chavkat Mirzioïev, qui a succédé à Islam Karimov décédé en septembre 2016, les autorités ouzbèkes n'ont cependant pas critiqué publiquement la construction du barrage Rogoun. Chavkat Mirzioïev est également attendu en visite au Tadjikistan en mars pour des pourparlers avec Emomali Rakhmon.

A l'époque soviétique, le partage des eaux en Asie centrale était décidé à Moscou mais le système a éclaté avec l'indépendance des cinq pays de la région en 1991, faisant craindre que la rivalité pour cette ressource ne dégénère en conflits.

C.C. avec AFP