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Le patron de Paprec estime qu'il faut qu'on "arrête de vouloir tout importer"

Sur BFM Business, Jean-Luc Petithuguenin, fondateur de Paprec Group, insiste sur la nécessité d'adosser la transition écologique à la reprise économique et en appelle à une prise de conscience collective pour y parvenir.

"Mettons l’environnement au cœur de la reprise économique". Dans une tribune publiée dimanche dans le journal Le Monde, plus de 90 dirigeants d'entreprises françaises et internationales ont appelé à une mobilisation collective afin que la relance économique soit également l'occasion d'accélérer la transition écologique.

Trouver le bon rythme

Jean-Luc Petithuguenin est l'un d'eux. Sur BFM Business dans l'émission "12 Heure – L'Heure H" ce lundi, la patron de cette société spécialisée dans la collecte et le recyclage de déchets industriels et ménagers revient sur cette requête commune lancée à l’initiative de Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général de BNP Paribas et président d’EPE (Association française des entreprises pour l'environnement).

Tout comme le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui n'a de cesse de rappeler qu'oublier la transition écologique lors de la relance constituerait une "erreur historique", Jean-Luc Petithuguenin estime que la question qui se pose aujourd'hui, ce n'est pas tant de savoir si cette transition est nécessaire, mais plutôt de déterminer à quel rythme celle-ci doit être mise en œuvre.

"Où est-ce que l'on va à horizon 10 ans, 20 ans, 50 ans? (…) On va vers une planète plus verte. Ça c'est clair. (…) A quelle vitesse on va y aller? Là, on peut avoir des petites divergences entre ceux qui veulent accélérer, ceux qui veulent décélérer", explique le patron de Paprec.

Production européenne

Mais cette aspiration, si louable soit-elle, est-elle véritablement réalisable? "Non seulement c'est possible, mais j'y crois et je ferai tout pour démontrer que c'est possible", répond-t-il.

"Oui, on peut faire plus de recyclage en France. Oui, on peut refabriquer du plastique avec du plastique. Oui, on peut faire de l'acier avec des vieilles voitures. Tout cela c'est possible, ça crée de l'emploi et au lieu d'acheter de l'acier en Chine, produisons-le en Europe avec des réglementations. Au bout d'un moment, il faut dire les choses telles qu'elles sont".

Il faut qu'"on arrête de vouloir tout importer. (…) Il faut aussi que le consommateur, il accepte de payer un peu plus cher. Son marteau fabriqué en Europe, il va coûter plus cher que son marteau fabriqué en Chine", lance Jean-Luc Petithuguenin qui invoque une prise de conscience collective.

Puisqu'à la fin, rappelle-t-il, les dispositifs mis en place en France pour financer le chômage et la retraite "ne sont pas financés par Pékin".

Julie Cohen-Heurton