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Le Grand Ouest mise sur les énergies marines renouvelables

Le salon Thétis dédié aux énergies renouvelables ouvre ce mardi. Parmi les perspectives, l'utilisation de la puissance des vagues et de la houle.

Le salon Thétis dédié aux énergies renouvelables ouvre ce mardi. Parmi les perspectives, l'utilisation de la puissance des vagues et de la houle. - Thétis EMR

Nantes accueille à partir de ce mardi 19 mai le salon Thétis dédié aux énergies marines renouvelables. La France a de grands atouts. Elle dispose de la deuxième superficie mondiale en termes d'océans. Et pourtant  beaucoup de projets sont encore embryonnaires.

La France souffre de la comparaison avec ses voisins. Le Royaume-Uni disposait, fin 2013, d'une puissance de près de 3,7 gigawatts en éolien offshore. Il devance ainsi le Danemark et ses 1,2 GW puis la Belgique et l'Allemagne, 0,5 GW chacune.

Aucune éolienne offshore ne tourne encore en France. Les deux premières usines avaient été inaugurées en grande pompe par le premier ministre Manuel Valls en décembre dernier. Alstom devrait "commencer à expédier les premières machines à savoir des nacelles et générateurs d'éoliennes l'année prochaine", pour les États-Unis, affirme à l'AFP François Chevalier, directeur des territoires du port de Nantes/Saint-Nazaire.

C'est à l'horizon 2020 que les quatre premiers parcs éoliens français doivent tourner au large de Fécamp, Courseulles en Normandie, Saint-Brieuc en Bretagne et Saint-Nazaire. Au total six projets de parcs éoliens marins, de 450 à 498 mégawatts chacun ont été choisis par le gouvernement après deux appels d'offres. Mais la France n'atteindra toutefois pas son objectif de 6.000 MW dans ce domaine en 2020.

Des plans de Nantes à Cherbourg

Pour les régions, l'investissement est lourd. Le port de Nantes/Saint-Nazaire a commencé à mettre en œuvre un plan d'adaptation aux pièces géantes des EMR. Le montant de l'opération devrait atteindre près de 80 millions d'euros sur cinq ans.

Du côté d'Alstom, l'activité semble tourner un peu au ralenti. Le groupe a promis d'embaucher 300 personnes à terme. Il fait de même à Cherbourg où il doit construire une à deux usines qui fabriqueront des pièces complémentaires à celles de Saint-Nazaire. 500 personnes devraient y travailler.

Dans ce contexte, le port de Cherbourg a lancé en 2013 un plan d'au moins 90 millions d'euros sur quatre ans. Il a inauguré un "quai EMR unique en France". Il mesure 320 mètres de long et peut recevoir des charges de 15 tonnes par m2, contre 5 tonnes pour un quai conventionnel.

Pendant ce temps là Esbjerg, au Danemark, premier port au monde pour l'éolien offshore, a investi 130 millions d'euros en 10 ans dans l'éolien. Le contexte n'est pas non plus toujours favorable. L'évolution du capital des fleurons français pourrait changer la donne. Les activités éoliennes d'Areva, comme celles d'Alstom, sont en cours de fusion via des sociétés à 50/50, avec respectivement l'espagnol Gamesa et l'américain General Electric. Ce qui pourrait décaler la mise en route.

L'énergie thermique des mers

Autre piste de développement des énergies renouvelables: les hydroliennes. La France peut se féliciter d'être plutôt en avance dans ce domaine. Ce sont seulement une dizaine de ces turbines immergées qui tournent avec les courants créés par les marées qui sont testées dans le monde, selon le SER.

Brest compte beaucoup sur ce nouveau marché. C'est là que la première hydrolienne de France doit être reliée au réseau en juin. Le port va lancer via la Région Bretagne un plan de 220 millions d'euros sur 2015-2020 pour notamment agrandir un polder qui permettra de proposer 50 hectares EMR.

Enfin les DOM-TOM présentent de beaux atouts en matière d'énergie thermique des mers. DCNS a co-développé avec le producteur indépendant français d'énergie renouvelable Akuo Energy le projet Nemo, une centrale flottante de 16 mégawatts qui exploitera l'énergie thermique des mers à cinq kilomètres des côtes de l'île des Antilles françaises.

Cette l'électricité est générée par la différence de température entre les eaux superficielles et les eaux profondes des océans. La construction est prévue d'ici 2018. Seul l'américain Lockheed Martin a démarré dans le même temps une expérimentation à Hawaï.

NC avec AFP