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Le grand flou de la commission Royal sur le diesel

La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a mis en place une commission indépendante sur les émissions polluantes des moteurs diesel le 1er octobre 2015.

La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a mis en place une commission indépendante sur les émissions polluantes des moteurs diesel le 1er octobre 2015. - AFP - Bertrand Guay

"Mise en place le 1er octobre 2015, cette commission indépendante doit faire toute la lumière sur les moteurs diesel, à la suite du scandale Volkswagen. Sept mois plus tard, alors que l’Allemagne a livré des résultats très détaillés sur ses propres tests, le travail de la commission Royal apparaît plus que flou."

La Commission Royal sur le contrôle des émissions polluantes des véhicules diesel se réunit ce 28 avril. Et sept mois après son installation, l'instance censée apporter la transparence dans le secteur automobile semble plus opaque que jamais. Pas une ligne dans l'agenda du ministère de l’Environnement pour signaler cette réunion (Ségolène Royal n’y participera même pas, actuellement en déplacement au Kenya), aucune information sur une éventuelle prise de parole à l'issue de la réunion (peut-être un communiqué, nous dit-on en tout début d’après-midi), aucun chiffre précis sur les résultats des véhicules testés. "De toute façon, même nous, nous apprenons cinq minutes avant quand le ministère décide de communiquer. Ça crée quelques frictions", confie un membre de la commission.

Une communication allemande plus précise

Cette opacité ressort d'autant plus après la communication la semaine dernière des autorités allemandes, qui mènent elles aussi des tests sur les émissions polluantes des voitures diesel. Le ministère des Transports a en effet publié le 22 avril un rapport détaillé de 134 pages sur les tests de 53 véhicules, détaillant les modèles choisis, et les résultats des 8 tests subis par chaque véhicule.

Pas de résultat par véhicule

Or la commission allemande a été mise en place le 22 septembre 2015, quelques jours avant la commission française. Au 28 avril, 52 véhicules ont été testés en France, soit autant qu’en Allemagne. Le ministère de l’Environnement français a bien communiqué le 7 avril, mais ne cite que les marques et les moteurs testés, pas précisément les modèles et leur puissance, et n’a donné aucun chiffre précis par modèle. On sait seulement qu’une Peugeot 208, clairement nommée par Ségolène Royal le 6 novembre sur France Info, et un Renault Espace ont été testés. Les constructeurs, dont les modèles ont été inspectés, ont eux eu connaissance des résultats la semaine dernière.

P. Ducamp