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Le débat sur la transition énergétique tourne au fiasco

L'objectif de réduire de 50% la consommation énergétique d'ici 2050 provoque de vives divergences.

L'objectif de réduire de 50% la consommation énergétique d'ici 2050 provoque de vives divergences. - -

Le Conseil national sur le débat énergétique tient son ultime réunion, ce 18 juillet, qui doit mener à l’adoption de 15 recommandations. Mais le Medef et d'autres organisations patronales se désolidarisent du texte.

Neuf mois de discussions n’auront au final pas permis d’obtenir un consensus sur les moyens à mettre en œuvre afin que la France mène à bien la transition énergétique.

Ce jeudi 18 juillet, alors le Conseil national du débat devait entériner les 15 recommandations qui seront remises au gouvernement à la rentrée, plusieurs participants ont fait connaitre leur opposition.

Le Medef a fait savoir qu’il se désolidarisait du texte final. "A ce stade, sauf changement majeur, le Medef n'envisage pas d'endosser en tant que tel ce document qui est un document de synthèse et qui comporte de nombreux points qui ne font pas l'objet d'un consensus", a déclaré Michel Guilbaud, directeur général du syndicat patronal.

Selon Le Monde, la CGPME, l'Union professionnelle artisanale (UPA) et la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) ont également exprimés leur refus d’avaliser le document final.

En définitive le comité de pilotage pourrait décider de présenter le texte au gouvernement comme une "synthèse" des débats mais plus comme les recommandations des acteurs, indiquait jeudi matin un membre du comité.

Moins de nucléaire et d'énergies fossiles

Pourtant, les recommandations retenues par le conseil national demeurent très larges, voire évasives, tant les intérêts de chacun sont divergents.

L'objectif global est d'esquisser une France utilisant moins de nucléaire et d'énergies fossiles, à la fois pour tenir les engagements internationaux contre le changement climatique (diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 par rapport à 1990) et pour rééquilibrer une balance commerciale plombée par les importations de pétrole et de gaz. 

La facture globale pourrait atteindre les 2.000 milliards d'euros d'investissement. Mais dans le même temps, les nouvelles habitudes de consommations liées à la transition permettraient de réduire la facture énergétique du pays d'un montant plus important : 3.000 milliards.

Au gouvernement de faire les choix

Les divergences portent notamment sur l'évolution de la consommation énergétique. Les recommandations évoquent l'objectif de réduction de 50% de la consommation d'ici 2050 tout en soulignant prudemment, selon un projet transmis mardi soir aux membres du débat, que "ce cap est ambitieux et ne fait pas consensus".

Certains acteurs, dont les entreprises, jugent cet objectif "excessif car contraire à la compétitivité à court terme" et proposent une cible de -20%.

Au final, ce sera au gouvernement de trancher sur les mesures et les priorités qui figureront dans le projet de loi de programmation énergétique qui doit être débattu au Parlement début 2014.

"Un débat national, cela ne remplace pas le gouvernement. C'est le gouvernement qui en fin de compte fait le choix, fait les recommandations, fait le tri ", a souligné le nouveau ministre de l'Environnement, Philippe Martin, chargé de piloter la fin d'un débat lancé en novembre par Delphine Batho,limogée début juillet.

C.C. avec agences