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La ville d'Oslo dit "stop" au financement des énergies fossiles

La capitale de la Norvège, qui se veut exemplaire en matière de protection de l'environnement, ose mettre un terme à tous les investissements de son fonds de pension dans les énergies carbonées.

En matière d’écologie, la ville d’Oslo, copierait-elle celle de Paris ? Pas tout à fait, car la ville norvégienne se montre beaucoup plus ambitieuse que la capitale française en matière de protection de l’environnement. Ainsi, la nouvelle équipe municipale vient de s'engager à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% en 2020 par rapport à 1990.

Mieux, selon la représentante écologiste de la coalition travailliste, Lan Marie Nguyen Berg, "la municipalité d’Oslo va retirer tous ses investissements des entreprises actives dans les énergies fossiles". Le fonds de pension de la ville – qui représente environ 8 millions d’euros – s’était déjà désengagé de ses activités minières et va donc prochainement tirer un trait sur les investissements ayant un lien avec des activités pétrolières ou gazières.

Oslo, "capitale d'un pays producteur de pétrole envoie un symbole fort en disant "non" aux investissements dans les énergies fossiles" s'est réjoui le président de l'ONG locale "The Future is Our Hands". Arild Hermstad s'est ar ailleurs félicité que le nouveau conseil municipal "prenne une décision courageuse et devienne la première capitale au monde à choisir de sortir de toutes les énergies fossiles".

Eradiquer la voiture du centre-ville 

La coalition travailliste, fraîchement élue à la tête de la capitale norvégienne souhaite cependant, à l’image d’Anne Hidalgo en France, bannir la voiture de son centre-ville. Ainsi, en 2019, "il n’y aura plus une seule voiture qui franchira le périphérique intérieur d’Oslo, ou alors seulement des véhicules 100% électriques". Pour faire passer la pilule auprès des administrés, la nouvelle municipalité a dans les cartons un ambitieux plan vélo. Le développement du domaine cyclable local va être accéléré et tout acquéreur de vélo électrique recevra une subvention couvrant en partie le coût de son investissement.

Evidemment, l’annonce de ces mesures ne fait pas que des heureux. Les commerçants de la capitale s’inquiètent en effet pour les 11 centres commerciaux situés dans l’hypercentre ainsi que pour les 90.000 norvégiens qui, quotidiennement, se rendent dans la capitale pour travailler. Mais la coalition se veut inflexible : commerçants comme Osloïtes devront s’adapter.

Antonin Moriscot avec Anne Saurat-Dubois